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Alpha Conde-faux-pas

[..]Comment envisagez-vous le second tour de la présidentielle, le 19 septembre ?

Alpha Condé : Je suis confiant. Sur 24 candidats au premier tour, 18 se sont ralliés à ma candidature.


Mathématiquement, Cellou Dalein Diallo et Sydia Touré ne sont-ils pas mieux placés ?

En fait, la base du parti de Sydia Touré veut qu'il vienne avec moi. On le lui a dit : «Si tu vas chez Diallo, tu vas perdre.»


Pourquoi accusez-vous les grands commerçants peuls d'être des "mafieux qui pillent" ?

C'est le système que je dénonce : les grands commerçants ont réussi par le biais du trafic de faux billets et de la drogue. Nous proposons un front guinéen pour leur barrer la route. Cellou Dalein Diallo a occupé le poste de Premier ministre sous Lansana Conté, nous allons sortir des documents sur sa gestion. Il a été 11 ans au gouvernement. Moi, j'ai été en prison. Il représente un système que les Guinéens rejettent.

 

Cellou Dalein Diallo n'est-il pas réputé pour son intégrité ?

Ce n'est pas forcément lui qui est en cause, mais de grands commerçants connus. Ce sont des Peuls, et ils sont connus.


N'est-il pas dommage, voire dangereux, que le débat tourne autour des questions ethniques, à un moment où il s'agit pour l'armée de rendre le pouvoir aux civils ?

D'où vient l'ethnicisation ? Aujourd'hui, ce sont eux qui disent que c'est au tour des Peuls de gouverner. C'est lui, Cellou Dalein Diallo, qui a fait de l'élection une affaire peule. C'est extrêmement grave : si vous n'êtes pas pour lui, vous êtes boycotté. On empêche les gens d'aller chez vous pour un baptême, un mariage ou un décès. Ce sont eux, avec l'ethnicisation, qui ont entraîné la réaction des autres ethnies. C'est très dommage ! En tant qu'ancien président de la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France (Féanf), je me suis toujours battu pour l'unité africaine. Je ne suis pas pour les ethnies, pas même pas pour les Etats en Afrique, qui ne me paraissent pas viables.


Cellou Dalein Diallo vous accuse de préparer un coup d'Etat avec l'aide des militaires. Que lui répondez-vous ?

Je suis un civil. L'armée avait voté pour moi en 1993, et j'avais refusé son aide. Maintenant, c'est le voleur qui crie au voleur ! Je me suis battu pour que les élections se tiennent le 27 juin dernier. J'ai écrit à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) pour dire quelles étaient nos revendications. Nous demandons un découpage électoral et la publication d'une liste électorale, comme dans tous les pays du monde. Il faut que le serveur informatique de la Ceni soit audité. Vous verrez bientôt qui veut faire un coup d'Etat en Guinée ! Moi, je veux la paix. Que je perde ou que je gagne, cela n'a pas d'importance ! Je veux la transparence. Je demande à ce que la Ceni et le ministère de l'Aménagement du territoire travaillent ensemble. Si la Ceni avait organisé le premier tour correctement, nous n'aurions pas de problèmes aujourd'hui. 


Quelles seront vos priorités pour la Guinée, si vous êtes élu ?

Dès le premier jour, je ferai en sorte que tous les soins pour les femmes enceintes et les enfants en bas âge soient gratuits. En trois ans, si les agriculteurs sont aidés, le pays peut atteindre l'autosuffisance alimentaire. Il faut développer les réseaux d'eau et d'électricité, s'attaquer à l'éducation et la santé, créer un gouvernement d'union nationale, pour que tous les Guinéens se donnent la main. Je suis allé m'incliner sur les tombes de Sékou Touré et de Lansana Conté, pour montrer que je suis pour la réconciliation. La Guinée doit se tourner vers l'avenir. Il faut instituer une Commission vérité et réconciliation, comme en Afrique du Sud, pour que ceux qui ont fait du mal puissent demander pardon.

 

Source : Libération

Tag(s) : #Interview

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