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La rencontre entre le gouvernement de Jean-Marie Doré et la Commission électorale indépendante (CENI) guinéenne le 17 octobre suffira-t-elle à débloquer la crise qui secoue cette institution ? Rien n’est moins sûr, tant la situation s’est dangereusement compliquée et nécessite que toutes les dispositions soient prises pour mettre fin à cette kermesse à la CENI guinéenne. Les tiraillements au sein de cette structure, si l’on n’y prend garde, pourraient conduire à l’échec du processus électoral.

En effet, la bataille pour sa présidence a franchi un nouveau pallier. Alors que la tête de cette institution en charge des élections incarnée par Louncény Camara est fortement contestée par le camp Cellou Dalein Diallo et que l’on était en train de chercher désespérément une solution consensuelle, une autre tête, concurrente à la première, a poussé. C’est ce que l’on observe avec la passation de service entre l’ex-vice-présidente de la CENI, Aminata Mame Camara, et le doyen de l’institution, Foumba Kourouma soutenu par 13 des 22 membres que compte le bureau de ladite structure. Ainsi, la légitimité de Louncény Camara est mise à rude épreuve. Lui, n’entend pas s’en laisser conter. Ces péripéties viennent s’ajouter aux difficultés financières que rencontre la CENI.

Avec ce spectacle, elle présente une image bien pitoyable d’elle-même. Ce faisant, elle a achevé de se discréditer. Ses membres semblent être juste payés pour se disputer. Si les choses devaient continuer dans cette lancée, la date du second tour, fixée au 24 octobre 2010, serait compromise.

La société civile guinéenne, exaspérée sans doute, propose une dissolution pure et simple de la CENI pour la remplacer par un directoire. Serait-ce la panacée ? Quel accueil les camps des deux candidats en lice vont-ils réserver à ce directoire si d’aventure il voyait le jour ? Cela serait-il sans incidence sur la date prévue pour le second tour ? Cette pluie de questions auxquelles l’on ne saurait répondre de façon ferme et précise prouve à souhait que la présidence de cette organisation est devenue un véritable casse-tête.

Le navire de cette commission électorale traverse une véritable tempête, avec deux capitaines réclamant chacun la légitimité du commandement. La proximité de la date du scrutin laisse deviner que le compte à rebours du naufrage est lancé. Il y a donc urgence à agir. Il faut sauver ce bateau ivre qui tangue dangereusement. Il serait souhaitable que la communauté internationale, la médiation et les acteurs politiques et civils guinéens, dans leur ensemble, se réunissent à cet effet.

Seulement, la date du scrutin approche à grands pas. Dans ces conditions, il est plus réaliste de tourner les regards vers le président par intérim de la transition. Et dans cette mission difficile de sauvetage, le général président, Sékouba Konaté, devra durcir le ton. Il y a, sans doute, pour lui, une décision difficile à prendre : laisser la CENI en l’état actuel ou lui imposer un président qui, à défaut d’être consensuel, fasse au moins autorité ? Son statut d’intérimaire réduit sûrement sa marge de manœuvre.

Mais fort de l’appel de l’ensemble du corps social et, dernièrement, de l’Archevêque de Conakry, il devra faire preuve d’autorité dans la gestion de cette institution. Il y va de son image de marque mais aussi et surtout de l’intérêt supérieur de la Guinée.

Par Relwendé Auguste SAWADOGO - LE PAYS

 

Tag(s) : #Libre opinion

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