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AC-AGUB-logo-2014-07-21_190859.1.jpgCi-dessous la lettre adressée aux autorités guinéennes par l’l’Association Guinéenne des Usagers des banques (AGUB) suite à la faillite de la BADAM

La Banque Africaine pour le développement  Agricole et Minier (BADAM)  a été mise en place  par les autorités du système monétaire de la Guinée dans le but d’inciter  le secteur privé guinéen et les  épargnants locaux à jouer pleinement leur partition dans le développement agricole et minier du pays par la prise  des actions et le dépôt de fonds au sein de la  Banque Africaine pour le  Développement  Agricole et Minier.

C’est ainsi que  plus de 10 .000 guinéens ont déposé 36 milliards de Francs Guinéens dans cette Banque Africaine pour le Développement Agricole et Minier (BADAM).

 C’est pourquoi sa débâcle,  au mois de Novembre 2011,  fait aujourd’hui souffrir physiquement et moralement   ces 10.000 personnes qui ont cru au changement  prôné par la troisième république à travers le président de la république, le professeur Alpha CONDE alors que ceux qui ont réussi à les flouer, notamment Moriba KEITA, Sékou SANGARE et d’autres se narguent aujourd’hui à Conakry.

La responsabilité de la Banque Centrale de la République de Guinée dans ce krach est totale  par le fait que cette institution de supervision des établissements de crédit a délivré l’agrément  à la BADAM en violation manifeste des dispositions de la loi L/2005/010/An du 04 juillet 2005 portant réglementation des établissements du Crédit en Guinée.

Celle-ci   prévoit  que le capital social des établissements de crédit ne peut pas être inférieur à un montant  minimum fixé par décision du comité d’agréments.

Ce capital minimum pour l’installation  ou l’ouverture  d’une Banque  est de 50.000.000.000 FG alors que la BADAM a été agréée avec un capital social de moins de  10.000.000.000 FG.

La loi suscitée prévoit également que le capital social des établissements  de crédit  pour être agréé dans la catégorie « Banque » doit avoir parmi ses actionnaires un ou plusieurs établissements de crédit à hauteur de 20%  de son capital. La BADAM a été agréée par le Comité des agréments de la Banque Centrale de la République de Guinée sans avoir rempli cette autre condition.

Sur la base de ces violations flagrante du cadre juridique de cette institution de régulation du monde des finances en Guinée,  nous avons alerté les autorités  afin de  dénouer cette déconfiture de la BADAM avec son corollaire d’impacts physiques et moraux sur ces martyrs  et leurs  familles,  qui n’honore pas l’image de notre pays que le Président de la République s’évertue actuellement à polir et constitue un mauvais signal que la Banque Centrale de la République de Guinée envoie aux investisseurs étrangers et au secteur privé.

Aujourd’hui aucun  signal n’émane de cette instance de régulation des institutions financières dans notre pays   pour apaiser ce climat qui devient de plus en plus délétère dans le pays.

Ce krach  de la BADAM  constitue donc  une violation flagrante des droits de l’homme et incarne l’apathie de la BCRG, car elle ne parvient pas à assumer ses missions régaliennes en cas de crise  financière majeures dans le pays.

L’expérience prouve que l’arbitrage des pouvoirs publics   dans le dénouement de ce genre de différends,   préserve  toujours la paix et  contribue ainsi à l’ancrage d’un Etat de droits dans le pays.

Surtout  en mettant chaque démembrement de l’Etat  devant ses responsabilités sociales et en les amenant à tenir leurs promesses et à  se conformer à  leur cadre juridique. Il en est de même de la banqueroute de la BADAM où l’Etat   s’était engagé à travers la loi des finances  2012 sur la chaine de dépense à payer 16 milliards. Cette promesse ne connait encore pas un début de mise en œuvre.

Aujourd’hui, la Banque Centrale de la République de Guinée ne  nous laisse alors pas  une autre alternative  que le recours à la rue, à la violence,  pour être rétablis dans nos droits.

 Cependant,  nous croyons toujours que nous n’avons encore pas épuisé toutes  les voies de recours qui s’offrent à nous pour une issue pacifique à cette faillite de la BADAM, nous demeurons donc ouvert au dialogue sincère et avons foi en nos institutions républicaines.

C’est  pourquoi nous  osons solliciter  votre intermédiation,  votre arbitrage,  pour une issue heureuse  à cette crise qui contentera tout le monde  avec  comme effet induit l’augmentation du taux de bancarisation de notre pays,  confiné aujourd’hui  à 7%, l’un des plus faible du monde.

 Pour finir nous vous remercions, et osons croire que votre implication amènera les radars à retrouver enfin ces 36 milliards des 10 000 usagers de la BADAM.

Conakry, le 17 Juillet 2014

Le Président de l’AGUB

Lansana Diawara

Tag(s) : #Economie

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