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Doré DSCN0983 n

Peut-on vraiment se satisfaire de ce qui vient de se produire dans notre pays  par le report sine die de la date du deuxième tour de l’élection présidentielle qui devait  avoir lieu le 19 septembre 2010 ? Je dis sine die, parce qu’à la fixation de la date  du 19 septembre, j’avais  été   saisi d’un doute qui s’était,  par la suite, quelque peu dissipé devant le concert des affirmations qui l’entouraient. Faut-il  donc se complaire  dans ce marais de positions changeantes sur l’avenir du, pays ?    Ma  réponse, et sans doute,   celle de millions de Guinéens  est non.

Le simple fait  d’être conforté dans ce type de report, comme par exemple en Côte d’Ivoire, signifie de vouloir continuer à s’installer dans l’absence d’Etat  efficace, muré dans la  médiocrité,  à la grande satisfaction de ceux qui bénéficient  de cet état de chose. Médiocrité ?... Le mot n’est pas assez expressif pour rendre compte de la réalité gouvernementale nébuleuse  du pays et de l’état matériel  et moral lamentable  de la population.

C’est  comme si l’on se trouvait devant un vaste terrain vague où des bandes rivales de garnements se sont limité des territoires. Il faudra qu’on sorte de ce schéma   et c’est ce à quoi  aspirent  des citoyens enthousiastes qui croient dur comme fer à la nouvelle lune que leur annoncent des politiciens  professionnels.  Mais à chaque fois,  ils tombent de leurs  illusions  par l’action souterraine  de ces  mêmes politiciens   uniquement  mûs   par leurs ambitions personnelles d’accéder au pouvoir. Cette réalité de miroir aux  alouettes a fini par former des Guinéens crédules que ces marchands d’illusions  et des intellectuels  aux titres ronflants manipulent comme de la pâte  à modeler.  A force, on a  fini, contrairement aux apparences, par se trouver devant  une société  bloquée, mais  où de temps en temps, surgissent  des irruptions  de  manifestations  sporadiques, coûteuses en vie humaines, mais  sans véritable remise en cause du jeu politicien  qui a cours.

C’est ce cours des choses que l’élection présidentielle entreprise le 27 juin dernier devait enrayer par la volonté des deux candidats en lice pour le deuxième tour : Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé. Le citoyen ordinaire que je suis, avais pensé que quelles que soient les délices du pouvoir, la préoccupation de ces deux candidats qui se sont engagés au service de l’Etat,  aurait été  de sortir la Guinée de la régence militaire et   du gouffre d’où elle croupit.

La dénonciation  des résultats du premier tour de l’élection, suite   à des fraudes  reconnues mais quelque peu rectifiées, n’aurait pas dû  conduire au report sine die du deuxième tour que les 24 candidats  du premier tour semblent  tous  avoir accepté en s’engageant dans des alliances aux côtés des deux finalistes.

 On pourrait même ajouter qu’une annulation  pure et simple du premier tour pour repartir à zéro avec toutes les préoccupations n’aurait pas empêché l’imbroglio que nous connaissons  aujourd’hui, tant la conception « démocratique » de certains Guinéens   est qu’ils ne peuvent participer à une élection qu’en la gagnant. Telle est,  à n’en pas douter, la situation politique guinéenne d’aujourd’hui. Autant  dire un boulevard  ouvert au retour de l’Armée guinéenne au pouvoir et auquel, en dehors des protestations extérieures de principe, personne ne réagira vraiment.

Cette perspective doit inciter les Guinéens qui aiment leur pays  à jouer un jeu démocratique. Soulever ces problèmes n’est pas jouer aux cassandres,  ni en donneur de leçon mais vouloir pousser à une rigueur dans l’action publique. Or on entend certains de nos compatriotes dire qu’il faut être sur le terrain au lieu d’écrire, c’est qu’ils ignorent que ces deux aspects sont complémentaires dans l’évolution d’un pays. Il  ya des hommes qui s’engagent  politiquement par patriotisme, sans esprit de recevoir une  récompense ou une reconnaissance particulières  en retour. De même écrire ne signifie pas que tout qu’on écrit a un impact  immédiat.  Mais les deux actions peuvent produire à terme des effets. Il  n’est que  de  rappeler que  dans l’histoire récente  les écrits  des dissidents à l’étranger de l’ancien bloc  soviétique et l’action  conjuguée  des citoyens de l’intérieur de  ces pays sont   arrivées   à déliter et à terrasser les régimes communistes « fortement » implantés en place.

Les comportements de nos leaders  qui se sont donc délibérément engagés dans l’action politique doivent être soumis à la critique publique. C’est pourquoi les autorités de la Transition issue des accords de Ouagadougou à la mi-janvier 2010 ont subi beaucoup de critiques et des éloges pour l’amener à bien faire leurs missions.  Le Général Sékouba Konaté n’en pas manqué. Est-ce pour cela que dans une déclaration récente (21 septembre) en rapport avec le deuxième tour de la présidentielle, il affirmé : « Des ambitions  opposent  ceux qui veulent arriver  au pouvoir à ceux qui  ne veulent pas  le quitter », en réclamant par ailleurs  « que  l’administration observe la neutralité » et que  la CENI « tire les leçons de ses erreurs », c’est clair mais  pourquoi  diable !  En arbitre de la Transition  il ne s’engage pas pleinement et clairement  dans le règlement de l’imbroglio  qu’entretiennent  certains.

 

La société guinéenne que nous avons en face, aujourd’hui, est une société bloquée  qui ne peut pas se relever par des hommes pétris de dogmes.  A entendre les Guinéens, chacun souhaite ardemment  voir ce pays sur pied et rejoindre le concert des nations  qu’on juge « normales », c’est-à-dire préoccupée entre autres du bien-être et de l’épanouissement  humain  de  leurs  populations.  Ce n’est pas ce qui paraît être la préoccupation  de la plupart  de ceux qui se sont lancés dans l’arène politique  chez-nous mais la conquête du pouvoir pour le pouvoir.  On oublie  que personne, dans une république,  n’est né avec un sceptre dans son berceau. Dans les circonstances actuelles, on   nous parle de plus en plus de scénario à l’ivoirienne. C’est le  pire qui puisse se produire dans notre pays où   sévissent  des bandes sataniques qui trouvent  leurs comptes dans l’état actuel en  allant  nuitamment, jusqu’à brûler du matériel d’élection : « si mon camp ne doit pas sortir vainqueur, mieux vaut qu’il n’y ait pas d’élection ! », tel est leur raisonnement. Et dire que ceux-ci se croient obligés de parler de démocratie. Dans cette situation de brouillard dont j’ai déjà parlé dans un article du 5 septembre 2009,le Général Sékouba Konaté , Président intérimaire de la République ,  sur lequel pesaient tous les espoirs de sortie de crise depuis les accords de Ouagadougou et qui n’a pas  manqué   de critiques sur ses supposées partialité  et ambiguïtés dans l’organisation de cette élection, vient tout de même  d’affirmer  dans une déclaration  (21  septembre) : « Des ambitions  opposent ceux qui veulent arriver au pouvoir à ceux qui ne veulent pas le quitter » , réclamant   « que l’administration observe la neutralité » et que la CENI  « tire les leçons de ses erreurs. C’est clair mais pourquoi, diable !, ne s’engage  t- il  pas pleinement, en patron de la Transition, dans le règlement de l’imbroglio entretenu par certains ? C’est de là d’où viennent des critiques parfois fondées. Il faut d’ailleurs ajouter que Konaté a été couvert d’éloges et de partout, au début de sa fonction d’intérimaire de la République ? Et ces critiques  sont nécessaires pour le changement  des comportements et actions de ceux qui se sont engagés  délibérément  au service de la chose publique qu’est la République. Plus il y aura des critiques, plus on espèrera que Le Général Sékouba Konaté agira bien   pour la  cohésion nationale.

 

Quant  au Premier Ministre Jean-Marie Doré que j’ai observé, dynamique ,intelligent  et au franc –parler des années de collège à Conakry  au début de la décennie  1950, je saisis mal qu’il ait pu attirer sur sa personne tant de courants critiques pas toujours infondées sans doute. Arrivé  au sommet de l’Etat  à l’âge de sagesse (plus de 70 ans), on aurait pu espérer  qu’il se tirerait mieux de cette primature transitaire en se refusant  à toutes espèces de combinaisons  avec son allant habituel  et à la satisfaction d’un grand nombre de Guinéens. Le contexte, n’est pas facile ; c’est évident,  mais l’âge peut nous permettre de nous affranchir de certaines contingences. Des gens de nos générations, hommes et femmes, à présent septuagénaires, sont plus proches du jour du jugement de Dieu que du tourniquet de la mamaya guinéenne. Je souhaite donc que Jean-Marie  Doré laisse de sa primature une image de   serviteur impartial de l’Etat, une image autre que celle moins gratifiante  qui se répand ?

Souhaitons donc que la mise au point de Sékouba soit enfin la bonne et que cette élection tant attendue aboutisse  enfin. dans la transparence. Elle ne constituera, sans doute, qu’un nouveau départ mais sûrement  pas , dan s les  5 ans à venir,  la réponse à toutes les questions que les Guinéens se posent. Mais si  d’aventure, les deux camps se neutralisent, la 3e « République »  soldatesque verra, sans nul doute,  le jour. Et  comme toute république soldatesque, elle ne sera qu’une caricature  de république, c’est-à-dire  une régression de toutes nos aspirations. Je sais que des extrémistes préfèreront  cette situation  à la présence d’un chef d’Etat démocratiquement  élu du  camp adverse.

 

Si le 2e tour de  l’élection devait avoir lieu et le plus tôt serait le mieux je renouvelle le choix que j’ai déjà formulé. Mon vote ira à l’alliance Cellou Dalein Diallo. Dans l’état actuel de la Guinée, c’est l’équipe autour cette alliance que je crois capable d’entreprendre une amorce de relèvement de  notre pays. Cette équipe est composée d’hommes sans dogmes, qui, par delà les querelles mesquines,  est digne de foi dans notre microcosme politique guinéen.

Cellou Dalein Diallo (UFDG)  a subi des ouragans d’attaques et  de critiques mais il est toujours là.  Modeste, il  a derrière lui  une formation solide et une solide  carrière administrative et politique, qui malgré le contexte paralysant des années Conté l’ont  préparé à agir autrement  en homme libéré  s’il est élu et avec des capacités réelles. Les affaires qu’on lui reproche  et qui n’ont pas  été    ce jour, judiciairement identifiées, peuvent-elles  être plus  infamantes  que celles des barons du noyau dur du régime Conté qui ont été accueillis  en grand nombre  et en fanfare au sein de l’Alliance  Arc-en-ciel ?  Parmi ceux-ci de grosses huiles comme Mamadou Sylla l’homme qui a réalisé une fortune colossale sur le dos de l’Etat guinéen, sous Conté ;  Aboubacar Somparé , l’ancien Président  PUP de l’Assemblée nationale  qui avait prolongé une législature, au-delà du  raisonnable  sans  faire appel aux électeurs ; Fodé Bangoura, l’homme- orchestre, un temps  de la présidence Conté ;  les fringants ministres de l’économie sous Conté : Kassory Fofana et Ousmane Kaba  etc,etc. Cette palette serait longue à égrener.

Ce  qu’on reproche à Cellou Dalein  Diallo  peut-il  surpasser le lourd fardeau sanguinolent  que traînent les héritiers du PDG-RDA, également adoubés comme membres de l’Arc-en-ciel ?  Où se situent  donc, au regard de ces deux camps, le passé et l’avenir ? Si maffia d’Etat  il y a, où s’est- elle massivement implantée, pour continuer à ronger l’Etat, sinon dans l’Arc-en-ciel ?  Quelle que soit les qualités du chef d’orchestre , il doit , pour mériter les ovations de la salle , disposer de bons musiciens  et non des tortillards à la Al Capone qui ne participent qu’à des associations lucratives .

Cellou Dalein Diallo, élu sera en mesure de redresser bien de choses en Guinée avec l’équipe solide  dont il dispose.

Sidya Touré avec une formation d’économiste fiscalité et une riche expérience professionnelle, saura plus montrer de quoi il est capable par rapport à l’expérience d’une primature bridée  de la période 1996-1999.Les ménages moyens de Conakry lui ont, tout de même rendu hommage en parlant de courant-Sidya, en référence à son œuvre d’électrification en trois ans. Son expérience de Directeur de cabinet d’Alassane  Draman Ouattara, ancien Premier Ministre de feu Houphouët-Boigny dans une Côte d’Ivoire dont l’administration et l’économie  étaient présentées  en exemple, à cette époque, en Afrique de l’Ouest, doit lui permettre d’apporter à l’équipe de Cellou Dalein , un potentiel  inestimable dans la construction de la Guinée.

Abé Sylla (NGR) le Guinéen  s’est fait une santé dans la clinique de l’économie mondiale, c’est-à-dire, l’économie américaine, sera capable en ancien chef d’entreprise de contribuer à  régénération dans notre pays,  de l’appareil productif  (les entreprises), de l’appareil distributif (commerce et transport) et du système de consommation  de la population.

Mamadou Bah Baadikho  (UFD) en expert –comptable  saura utiliser les comptes de la nation pour une gestion rationnelle de l’économie Guinéenne.

                                                                                                                                                  Fodé  Mohamed Soumah (GECI), professionnel de la banque et du système financier a assisté de Paris à la mise en place de l’Union économique et monétaire européenne  pour apporter un savoir-faire à l’équipe.

Le PUP de Moussa Solano   ne pourra pas ne pas  accompagner le dynamisme de l’équipe de Cellou Dalein.

Pour ce qui concerne les affaires qu’on agite sur la tête des uns et des autres des deux camps, j’avais déjà écrit avant le premier tour du 27 juin que compte tenu des mœurs politiques  cinquantenaires de notre pays, en  matière de gestion des biens collectifs,   il ne fallait pas en faire un thème central de campagne électorale du moment que la Transition n’avait  pas réglé ce problème.  Soulever cette question en campagne aurait donc contribué à plus de division  encore et un trop grand nombre des 24 candidats  du premier tour n’auraient pas se présenter. Car comment expliquer, dans le cadre de la Guinée d’aujourd’hui, que nombre d’entre eux sans avoir été industriels, hommes d’affaires mais, au mieux,  de simples salariés (quelle qu’ait été le niveau  de ces salaires)  aient pu  payer allègrement, même en monnaie guinéenne,  une caution de 400 millions de francs guinéens  et dépenser  des fortunes pendant la campagne ? Tout  ce micmac n’interpelle  pas grand’ monde. C’est pourquoi, j’avais proposé que les affaires en suspens, trouvent un autre cadre de règlements  pour que l’Etat guinéen recouvre une part de ses biens, après l’installation d’institutions  républicaines  débarrassées des carcans du passé.

Je crois que l’Alliance  Cellou Dalein  Diallo (UFDG) – Sidya Touré (UFDG) – Abé Sylla (NGR) –Fodé  Mohamed  Soumah (GECI) –Mamadou Baadikho Bah (UFD) est l’équipe qu’il faut à la Guinée pour les 5 années à venir.

Votez massivement pour cette alliance dans les 4 Régions  et à l’Etranger !

                              Ansoumane Doré

                             Paris, le 23 septembre 2010

Tag(s) : #Analyse

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