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 [..]Alors, le gouvernement de transition a décidé hier de suspendre temporairement la campagne électorale. Les deux candidats, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo doivent se rencontrer ce lundi. 


Que va faire Konaté ?
 
Au cœur du conflit : la CENI, la Commission électorale nationale indépendante, dont le président vient d’être condamné à de la prison ferme pour fraude électorale lors du premier tour le 27 juin dernier. Et dont la présidente intérimaire est contestée par le camp d’Alpha Condé, car jugée trop proche de l’autre camp.
[..]Et Aminata de lancer un appel en direction du général Konaté, le Président de la transition : il doit « mettre les points sur les i. (…) Son silence, ces jours-ci, frise une attitude démissionnaire ! (…) Le Président de la Transition doit veiller à l’après élection. Il doit savoir qu’il sera comptable devant les hommes et devant l’histoire si cette transition échouait, et le pays est à deux doigts de l’échec. »
 Au Burkina, où le président Compaoré est le médiateur dans la crise guinéenne, c’est la consternation. « La Guinée semble gagnée par le syndrome ivoirien », déplore le quotidien Le Pays. Le Pays qui se demande si le procès du président de la Céni était vraiment opportun à quelques jours du second tour. Et qui s’interroge encore : « pourquoi cet acharnement à décapiter le processus à une phase aussi délicate ? Retiendra-t-on finalement la date du 19 septembre comme étant celle des élections ? Les Guinéens font-ils toujours confiance au processus ? Les conditions sont-elles réunies pour organiser des élections propres, équitables, en un temps si bref, et dans la paix ? (…) Les acteurs politiques guinéens sont bien en passe de rater leur premier grand rendez-vous avec l’histoire de l’Afrique qui se démocratise », soupire Le Pays.

L’Observateur, toujours au Burkina, s’interroge aussi sur le bien fondé du procès des dirigeants de la Céni : « oui, il y a eu des fraudes massives le 27 juin 2010, oui, il y a des correctifs à apporter et, du reste, la Céni s’emploie à le faire, aidée par le gouvernement (…). Mais est-ce pour autant qu’à une semaine du second tour, on doit décapiter l’institution, déjà boiteuse, chargée de l’organisation de cette élection ? En tout cas, ceux qui ont fait tomber le couperet sur ces dirigeants de la Céni auraient voulu instaurer le désordre dans ce processus électoral qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement », affirme L’Observateur qui en appelle également à la transition : « ces événements, qui mettent en péril le scrutin, prouvent que les autorités de la transition doivent faire preuve de fermeté. Ils prouvent également, poursuit le quotidien burkinabé, que Blaise Compaoré (le médiateur) n’est pas au bout de ses peines et qu’il faudra qu’il s’apprête à jouer les prolongations. »

Frédéric COUTEAU/ RFI

Tag(s) : #Chronique

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