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J-MDHiphop danse 2

Sans sourciller, il propose une modification de la toute nouvelle Constitution ainsi que le Code électoral fraîchement adopté. Et cela pour «réduire le rôle de la Commission électorale nationale indépendante (CENI)» dans l’organisation du second tour. Jean-Marie Doré, prenant prétexte des insuffisances organisationnelles du premier tour, reconnues de tous, veut que «l’organisation et la supervision du second tour se fassent conjointement avec le ministère de l’Administration du territoire et des Affaires politiques (MATAP)».

Or, ce ministère avait été confiné dans un rôle d’appui au cours des scrutins passés, notamment sous feu Lansana Conté, justement parce qu’on doute de sa neutralité.

D’ailleurs, c’est la règle dans la plupart des pays africains de confier l’organisation des élections nationales et locales à des structures autonomes et indépendantes de l’administration et en qui les protagonistes ont plus ou moins confiance. Malgré les insuffisances constatées, il n’est venu jusque-là à l’idée d’aucun opposant ou d’aucun partisan du pouvoir, dans aucun pays où existent ces structures, de demander qu’elles soient dépossédées de la conduite du processus ou que l’administration soit fortement impliquée. Ce qui est souvent demandé, c’est la démission soit des membres de la structure ou de quelques uns d’entre eux sur qui pèsent des soupçons de partialité.

M. Doré rame à contre-courant de ce qui se fait généralement sur le continent.

Ce n’est donc pas surprenant qu’il soit l’objet de critiques souvent acerbes. Curieusement, sa proposition qui doit être examinée par le général Sékouba Konaté, chef d’Etat par intérim, rencontre l’assentiment d’Alpha Condé, un des challengers du second tour. Certes, les récriminations du leader du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) à l’endroit de la CENI ne sont pas nouvelles. Mais on ne s’attendait pas à ce qu’il accepte ce qui s’apparente à un changement d’arbitre avant le coup de sifflet final sans que celui-ci soit empêché par quoi que ce soit. De là à dire que le Premier ministre roule pour l’opposant historique, il n’y a qu’un petit pas que beaucoup ont allègrement franchi. En tout cas, on peut être d’accord sur une chose : Jean-Marie Doré a décidément l’art de créer la zizanie.

En attendant que le chef de la transition se prononce, le débat occupe les Guinéens avec le risque de les détourner d’une préparation sereine du second tour. A quoi joue Jean-Marie Doré avec de telles sorties ? Au regard de ses agissements, on ne résiste pas à la tentation de donner raison à ceux qui l’accusent de vouloir jouer indéfiniment les prolongations pour rester le plus longtemps possible à son poste et, subséquemment, jouir des avantages y relatifs. On peut se demander aussi si ce n’est pas une façon pour lui de faire des yeux doux au candidat Condé qui, en temps opportun, pourrait bien lui savoir gré. En tout état de cause, Jean-Marie Doré, Alpha Condé et les autres doivent se convaincre qu’on ne change pas les règles au cours du jeu.

JMDORE ROI 7

Au-delà de la Guinée, cela est formellement condamné par exemple par la CEDEAO qui, dans sa charte sur la démocratie et la bonne gouvernance, interdit toute modification des règles six mois avant toute élection. Certes, la Guinée est suspendue de la CEDEAO depuis le coup d’Etat de décembre 2008 de Moussa Dadis Camara. Mais tout de même !

On espère que le général Sékouba Konaté prendra, comme à son habitude, une décision de sagesse.

 

Source: Le Pays

 

Tag(s) : #Libre opinion

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