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Alors que la transition s’enlise, la volonté plusieurs fois affichée du général Sékouba Konaté de « claquer la porte » le rend de plus en plus… suspect. Avec pour conséquence une baisse de sa popularité.

« Traître », « opportuniste », « irresponsable », … Depuis le 29 septembre, nombre de Guinéens se défoulent sur le président de la transition, le général Sékouba Konaté. Depuis qu’il assure l’intérim du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, c’est la première fois qu’il fait une quasi-unanimité contre lui.

Au lendemain de la publication des résultats du premier tour de la présidentielle du 27 juin, il avait certes été chahuté par des manifestantes proches de l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré (candidat malheureux à l’élection) l’accusant d’avoir fait falsifier des chiffres en faveur du candidat Alpha Condé (Rassemblement du peuple de Guinée, RPG), mais les récriminations s’étaient tues dès qu’il menaça de rendre son tablier. Cette fois, c’est le contraire. « Il a montré ses limites, il n’a qu’à partir », ose-t-on à Conakry et sur le web. En Guinée forestière, d’où est originaire le capitaine Moussa Dadis Camara, il est de plus en plus considéré comme l’instigateur de la chute de l’ancien homme fort.

Propos déplaisants

À l’origine de cette vague d’indignation, ses envies de « claquer la porte », d’« imposer un civil à la tête du pays » et les accusations de « faux-type » et de « menteur » à l’encontre de Dadis. Déclarations qui ne pouvaient plus mal tomber. Les populations en ont assez d’attendre un second tour incertain et d’assister aux querelles répétées entre les camps de Cellou Dalein Diallo et d’Alpha Condé. Les finalistes qui pour une fois partagent un avis commun sur une question.

« Il ne s’agit pas d’une décision politique, mais d’une boutade à laquelle nous attachons peu d’importance. Notre préoccupation c’est la tenue du second tour dans de bonnes conditions », répond le candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), interrogé par Jeune Afrique à propos du ras-le-bol de Konaté. « Nous n’accordons pas de crédit à ces paroles. Il n’y a pas de déclaration officielle. Nous attendons plutôt de faire le point sur l’organisation de la deuxième manche pour laquelle nous avons fait une série de recommandations », assure pour sa part Kiridi Bangoura, directeur de campagne adjoint de Condé.

Quant à la société civile, elle appelle le « Tigre » (surnom de Konaté) à s’investir davantage dans la transition. Et, c’est justement là que se trouve le problème.

Gardien de la cité

Depuis la signature de la déclaration conjointe de Ouagadougou, le 15 janvier, Sékouba Konaté a toujours pris ses distances par rapport au déroulement du processus, se contentant de rappeler parfois aux uns et aux autres, civils ou militaires, leurs devoirs. Récemment, il s’est abstenu de prendre position dans la polémique sur l’élection de Louncény Camara à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Et surtout, il a accordé au secrétaire général à la Présidence, le tout puissant et controversé Tibou Kamara un rang de ministre d’État renforçant ainsi ses pouvoirs alors qu’on lui reprochait déjà de se décharger sur ce jeune loup de la politique.

« En Guinée, quoi que tu dises, quoi que tu fasses, les gens interprètent toujours et dans le mauvais sens. Alors je préfère me taire », a déjà confié Sékouba Konaté à Jeune Afrique. Et d’ajouter que dans un souci de neutralité, il doit laisser aux institutions et à leurs dirigeants la responsabilité de prendre les décisions concernant le bon déroulement de la transition.

En bref, il refuse de jouer le rôle d’arbitre, préférant ainsi malgré lui celui de gardien de la cité. « J’ai accepté de conduire la transition et me voilà prisonnier », répète-t-il souvent à ses proches. Claquera-t-il la porte pour autant ? C’est peu probable pour un officier qui dit être un homme d’honneur. Alors, ira-t-il au bout de sa mission ? La rue en tout cas lui prête de plus en plus l’intention de profiter de la confusion pour s’incruster dans le fauteuil.

Source: JeuneAfrique

Tag(s) : #Actualité

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