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Alpha-et-Mohamed-Conde-2C'est à travers une correspondance adressée au ministre des Mines et de la Géologie que Samuel F. Mebiame a annoncé récemment sa volonté de porter plainte contre le gouvernement guinéen sur la convention de prêt de 25 millions de dollars US de Palladino auprès du CIRDI.

 Crée le 18 mars 1965 à Washington, le CIRDI- centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements-  est une organisation internationale qui offre des moyens de conciliation et d'arbitrage pour régler les différends relatifs aux investissements opposant des États contractants à des ressortissants d'autres États contractants (article 25 de ladite convention).

 C'est donc là que la Guinée pourrait être convoquée pour s'expliquer sur ce prêt qui a longtemps occupé l'opinion guinéenne, notamment à travers les débats politiques. Les 25 millions USD de Palladino, les 150 millions de dollars US d'Angola et autres 700 millions de dollars américains de Rio Tinto étant parmi les affaires obscures de la gestion du précédent gouvernement et qui ternissent l'image du régime Alpha Condé. Ce sont d'ailleurs ces dossiers que l'opposition cite pour expliquer que le régime actuel n'est pas sans reproches.

 Justement, dans sa lettre adressée à Kerfala Yansané, le signataire de la convention de prêt au compte de Palladino, Samuel F. Mebiame, se montre sceptique quant à l'utilisation de ce prêt. "Lors d'une réunion à la présidence de la République guinéenne entre Palladino et Soguipami, en présence des représentants du ministère des Mines, de Alpha Mohamed Condé (NDLR : fils unique et conseiller du président de la République) et des avocats de Palladino, le Directeur Général de la Soguipami, Mr. Kanté, demandait paradoxalement un prêt d'un millions USD à Palladino, alors qu'il était censé avoir reçu de ces derniers un prêt de 25 millions USD plus de 9 mois auparavant…", lit-on.

 La Guinée est-elle devenue un endetté mauvais payeur ?

 Il importe de rappeler que le CIRDI n'est pas gratuit (article 17). Les parties qui font appel à lui doivent payer une redevance et les États membres de la Banque mondiale supportent l'excédent. À ce jour, plusieurs partenaires étrangers réclament leurs honoraires à la Guinée, jusque-là sans succès.

 Au nombre de ces "anciens amis", on nous a cité par exemple "Kings and Spalding" qui aurait travaillé jusqu’à novembre dernier sur un accord minier entre la Guinée et la compagnie "China Power Investment" (CPI) à la satisfaction du président Alpha Condé qui aurait personnellement pris l’affaire en main. Mais, la compagnie n’a jamais été payée son million de Dollar pour ses frais et services. "Kings and Spalding" pourrait porter l’affaire devant la justice.

 Par ailleurs, la compagnie "Bird and Bird", en charge du dossier Russal, aurait déjà saisit la haute cour de la  justice britannique depuis le 15 juillet 2013…

 Enfin, le gouvernement guinéen ne se considère pas comme un "endetté mauvais payeur". Interrogées, des sources gouvernementales ‎disent que c'est la Banque Africaine de Développement (BAD) qui paie les consultations dans ces genres de négociations contractuelles et que la Guinée ne doit rien aux consultants et avocats miniers !

 

Bref, au-delà des difficultés internes liées notamment à l'incapacité de satisfaire les urgents besoins de services sociaux de base : eau, électricité et autres pourrissement du climat sécuritaire et politique, le régime Alpha Condé risque d'être malmené par des dossiers judiciaires internationaux.

 

Nouhou BALDE / Guineenews

Tag(s) : #Economie

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