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Le plus important groupe de presse en Guinée, Le Lynx-La Lance, est actuellement "menacé par les militaires" à Conakry, a assuré mardi Reporters sans frontières (RSF) qui tiendra la junte au pouvoir "pour responsable de toute agression" contre ce groupe.

 

"Le groupe de presse Lynx-Lance et plusieurs de ses journalistes sont actuellement dans le collimateur des militaires", assure, dans un communiqué, l'organisation de défense de la presse, qui dit l'avoir appris "auprès d'une source au sein de la junte au pouvoir".

 

 

"Alors qu'un climat de peur règne toujours au sein des médias guinéens, nous tiendrons la junte pour responsable de toute agression contre le groupe de presse Lynx-Lance et ses employés", ajoute RSF.

 

L'organisation appelle de nouveau "le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabé Blaise Compaoré, à demander à la junte de respecter la liberté des médias".

 

De son côté, l'administrateur général du groupe Le Lynx-La Lance, Souleymane Diallo, a assuré à l'AFP que "des militaires du camp Alpha Yaya Diallo (siège de la junte, ndlr) envisageaient d'attaquer" son groupe. Selon lui, "l'opération consiste à organiser un raid nocturne sur la rédaction et monter des embuscades contre un certain nombre de journalistes" et "l'attaque sera mise au compte d'éléments +incontrôlés+".

 

Dans une autre affaire, Reporters sans frontières déplore la convocation à l'état-major de la gendarmerie du rédacteur en chef du groupe L'Indépendant, Talibé Barry, "inquiété pour la publication d'un article sur la disparition d'un militaire".

 

L'organisation rappelle que depuis le massacre d'opposants le 28 septembre par les forces de sécurité, de nombreux journalistes guinéens vivent dans la peur et que plusieurs correspondants de la presse étrangère ont dû fuir le pays pour échapper aux menaces de mort.

 

Le 28 septembre, plusieurs journalistes avaient été passés à tabac, blessés ou soumis à des simulacres d'exécution, durant la répression sanglante d'un rassemblement d'opposants.

 

Selon diverses ONG, "150 à 200 personnes" ont été tuées ce jour-là, tandis que la junte dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara avance un bilan officiel de 56 civils tués et 934 blessés.

 

AFP

Tag(s) : #Actualité