Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présidents carte-senegal-2

Une réalité s’impose de plus en plus chez nos voisins sénégalais : contrairement à ses prédécesseurs Senghor et Abdou Diouf qui ont joué le jeu et fait du Sénégal l’un  des rares pays démocratique et fréquentable du continent, Laye Wade comme ses compatriotes l’appellent, montre sa volonté de plus en plus évidente de ne jamais laisser son siège, du moins de son vivant. Des analyses de ses compatriotes lui prêteraient l’intention de se faire ensuite succéder par son fils Karim. Vrai ou faux, tout ceci est le reflet d’une grave dérive vers un pouvoir autocratique qui respecte de moins en moins les textes et règlements de son pays. Il est évidemment soutenu en cela par un groupe de partisans intéressés par les prébendes juteuses qui pourraient leur tomber entre les mains. Ni vu ni connu, pensent-ils. Comme chez nous.

Ce jour, nous soumettons à votre réflexion ces lignes d’un journaliste Burkinabé. Ce genre de situation nous intéresse tous, à des degrés divers.

 

« Si un imam se trompe de Rakat (Ndlr : unité de base de la prière islamique), il faut le rappeler à l’ordre ». C’est la réaction de Moustapha Niasse (ancien Premier ministre du Sénégal) face à la décision d’un Abdoulaye Wade qui ne fait pas mystère de son intention de briguer un 3e mandat. En période de grande ferveur religieuse, jeûne musulman oblige, cette allusion ne pouvait mieux tomber.

Pour la petite histoire, le président sénégalais, qui est dans ses 84 printemps, a été élu en 2000 pour sept ans, réélu en 2007 pour un deuxième mandat de cinq ans après une modification de la loi fondamentale du pays pour passer au quinquennat. En septembre 2009, il a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2012 pour un troisième bail.

La Constitution du Sénégal adoptée en 2001 limite le nombre de mandats présidentiels à deux, mais le président Wade a été élu pour la première fois en 2000 avec une loi fondamentale datant de 1993 qui limitait les mandats. Pour l’opposition, celui qui veut rempiler pour la 3e fois va boucler en 2012 ses deux mandats légaux : celui de 2000-2007 et celui de 2007-2012. Pour le parti au pouvoir (le PDS), le décompte doit se faire à partir de 2007, date d’entrée en vigueur du quinquennat, et non de 2000.

 Ses partisans les plus zélés ont beau parler de rétroactivité, ils n’arrivent pas à cacher le gros subterfuge. Rétroactivité, ce barbarisme nous rappelle d’ailleurs le débat qui faisait rage chez nous à une certaine époque.

Malgré tout, la pilule est passée, et les Burkinabè s’apprêtent à avaler une plus grosse encore, avec la très probable révision de notre Constitution. Et il en sera ainsi au pays de la Téranga, même si cette éventualité provoque l’ire d’une frange de la société, notamment des partis de l’opposition, qui ont vite parlé de « coup d’Etat constitutionnel ».

Non contents de ce que la loi dispose pour l’avenir, Abdoulaye Wade, à l’image de beaucoup d’autres chefs d’Etat africains, tient à ce qu’elle dispose pour l’éternité. .. Cependant, il est conseillé de prêter attention aux propos de l’écrivain français Jacques Prévert qui avait prévenu que l’« on a beau avoir une santé de fer, on finit malgré tout par rouiller ». L’âge du capitaine du navire battant pavillon sénégalais donne tout de même à réfléchir : il est né en 1926, et en 2012, année de la prochaine présidentielle, il aura 86 ans, et il y a de fortes chances que le 3e soit un mandat de trop pour le chantre du Sopi .

Par Issa K. Barry © L’observateur Paalga

 

Les tripatouillages de constitutions  sont devenus un véritable fléau sportif sur notre continent. Dans tous les pays les petits dictateurs post « conférences nationales » ont trouvé un moyen commode de perpétuer leur domination, avant éventuellement de passer la main à leurs fils, un membre de leur famille ou un proche. C’est le nouveau théâtre, joué à grand bruit, du Caire au sud de l’Afrique, de Djibouti à Dakar. « Afrique blanche », « Afrique noire », tous les dictateurs recourent aux mêmes méthodes. Kadhafi=Wade=Compaoré=Konaté=J-M Doré, etc.

La démocratie, la loi, ils «  s’assoient »  dessus. Le je-m’en-foutisme institutionnalisé.

 Ces  dits « pères » de l’indépendance deviennent sans complexe grands-pères et même arrière grands-pères de nos  « indépendances », expression rabâchée mais coquille vide de sens.

C’est aussi  à cela que s’essaie le loufoque Jean-Marie Doré, l’homme qui piétine aujourd’hui allègrement la constitution et le consensus  des Forces Vives qui lui ont permis d’occuper  un poste de premier ministre. Lesquels Forces vives ont singulièrement manqué de lucidité au départ, et de courage par la suite. Avec les conséquences douloureuses que l’on sait. Nous persistons à dire que nous guinéens n’avons encore rien vu.

Quant à son compère Alpha Condé, le  «  Prof » défroqué, il suffira de le laisser élire grâce à la cabale en cours : nous sommes assurés qu’il sera encore là dans deux générations, grâce à ses « amis » qui le bombarderont deuxième Responsable suprême de la Révolution. Avant de passer probablement  la main à son fils spirituel Mohamed Touré, le fils de l’autre premier dictateur. Et la boucle sera bouclée : les morts  sous Sékou, du Stade et ailleurs seront définitivement  oubliés et vraiment enterrés.

Le manque de vigilance et la trop forte tendance au laisser-faire de l’UFDG risquent  ainsi de lui coûter très cher.

Thierno A DIALLO

Tag(s) : #Libre opinion

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :