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Il y a de cela 34 ans, les 6,  21  et 27 Août 1976, Sékou Touré tenait trois discours sur  ”la Situation Particulière du Fouta”. Les discours sont indigestes et typiques de la littérature du PDG. Cependant,  même dans l’abondante logorrhée de Sékou Touré, ils constituent le plus puissant témoignage de la faillite politique du PDG.  Si un jour il y a procès de l’histoire peu reluisante de l’Afrique des indépendances, ces discours seront des pièces à conviction sur l’égarement qui a mis notre pays à part.  Les discours dont les extrais suivent sont le paroxysme de la mauvaise foi et le parfait cliché d’un esprit rongé  par des phobies maladives et étroitement contrôlé par la notion antiscientifique de race. Leur postulat, tragiquement erroné, témoigne d’une ignorance regrettable de l’histoire des interactions nationales et des luttes hégémoniques dans l’Afrique de l’Ouest voire de l’histoire tout court. Les motivations qui les sous-tendent  sont  bien au-delà des antagonismes politiques. Elles sont fondées sur des complexes difficilement explicables que, ni la fonction de premier président du pays, ni les acclamations de l’Afrique ignorante de sa nature, n’avaient en fin de compte pu tamiser.  

Les discours  résonnent  avec d’autant plus de frayeur et d’amertume, que  l’homme qui, dans une overdose de haine, osa  les proférer en public est célébré aujourd’hui par Alpha Condé.  Ce  geste d’allégeance aux fascistes du PDG n’est pas seulement celui de l’opportunisme politicien. Il est  moralement condamnable, historiquement injustifiable et politiquement contre-productif.  Il porte en lui, le même  mélange  d’arrogance, de mépris des douleurs du peuple de Guinée, de cynisme et d’ignorance délibérée des faits et des réalités qui furent les marques distinctives de Sékou Touré.

Ourouro Bah

Extrait #1 :

…….En effet, l'on sait qu'à la naissance du Parti Démocratique de Guinée, le Fouta était menacé, tragiquement menacé de nombreux travers sociaux. Nous avions visité cette province guinéenne de long en large et nous nous étions aperçu que l'alcoolisme menaçait, réellement la population du Fouta, y compris les marabouts qui remplissaient leurs bouilloires de bière ou de vin. Ne parlons pas des jeunes et encore moins des intellectuels: consommer l'alcool était devenu alors, le critère de l'évolution à l'époque. C'est le Parti Démocratique de Guinée qui a mis fin à ce mal, qui l'a dénoncé sans pitié. C'est également le Parti Démocratique de Guinée qui, sans arriver à la détruire, a beaucoup atténué, la débauche dans le Fouta. C'est le Parti Démocratique de Guinée qui a dénoncé le vol devenu alors chose courante. A Conakry, à cette époque, lorsque dix voleurs se trouvaient devant un commissaire ou devant le tribunal, l'on comptait au moins 8 ressortissants de la Moyenne-Guinée. C'est un fait vécu et vous pouvez consulter la statistique des condamnés pour vol.

Il faut sauver le voleur, la prostituée, l'alcoolique, le navétane : c'est un devenir qui sera assumé». La « Situation Particulière du Fouta » pose donc des devoirs à la Révolution…..

Commentaire #1:

Falsification des us et coutumes de la  communauté. Pour insulter la nation peuhle, Sékou Touré recourt à l’amalgame habituel. Il  travestit des blagues entre Sanakou en armes. Il est en effet courant au Fouta que quelqu’un dise à son sanakou que sa bouilloire est remplie d’alcool au lieu d’eau.  Quant au mythe de la débauche, c’est l’hôpital qui se moque de la charité! C’est avec la mainmise du PDG que furent introduites la prostitution et la débauche politiques au Fouta et dans tout le pays. En effet des jeunes filles à peine pubères étaient enrôlées dans les services  protocoles de force, contre le gré de leur parent, pour le plaisir des dignitaires du parti.

Extrait #2

Nous disons donc que toutes les Régions de la Moyenne-Guinée doivent vivre désormais l'atmosphère de la Révolution populaire et démocratique. En plus de la force de nos arguments que partagent les intellectuels militants honnêtes de la Moyenne-Guinée, nous utiliserons la force brutale contre ceux qui ont des yeux pour ne pas voir et des oreilles pour ne pas entendre. Ils 'sauront qu'on n'a jamais eu peur d'eux, qu'on les respectait, mais que, comme ils n'aiment pas le respect, nous leur présenterons ce qu'ils aiment, la force brutale !

Puisque c'est le racisme qui est utilisé pour mettre le pays à la disposition de l'impérialisme néo-colonialiste, nous devons tout faire pour la déraciner. Nous ne prions plus personne, nous nous imposons ; cela est clair ! Ceux -qui croient que les responsables du P.D.G. ont peur, n'ont rien compris à l'histoire. La peur réelle qui nous étreint, la peur que nous avons partout, c'est la peur d'avoir peur ! Et c'est pourquoi, l'adversité des racistes, nous la recherchons désormais ! Nous voulons, partout, croiser le fer avec eux !....

Commentaire #2:

Ce passage est exécrable à plus d’un titre. Les menaces,  dignes d’un voyou de rue, furent un assaut regrettable sur  la fragile unité nationale. La nation ne s’en est pas encore remise. Ensuite on y voit la rengaine favorite du psychopathe et son incantation contre la peur d’avoir peur ! Non seulement c’est toujours de  la peur, mais c’en est la forme la plus la plus dangereuses ; celle qui aura nourrit ses phobies imaginaires et son penchant pour la répression préventive avec des complots fictifs.

Extrait #3:

 Puisque dans plusieurs familles peuhles, le pays a attribué des bourses à 1, 2, 3, voire 4 de leurs enfants qui, au terme des études, ont trahi la Nation pour se réfugier ailleurs et combattre le régime guinéen. Devons-nous continuer à leur accorder des bourses ?

Réponse unanime de l'assistance : NON !

Alors, nous proclamons sans détour : racisme = RACISME, et pour l'illustrer, nous vous rappelons ce proverbe africain qui dit : « lorsque vous dansez avec un aveugle, de temps en temps, piétinez-le pour qu'il sache qu'il pas seul » !

Ainsi nous réaffirmons notre position qu'en Guinée, et, jusqu'à la fin de l'université, tous les camarades sont à égalité : Peulhs, Soussous, Malinkés, Guerzés, Kissiens, Tomas, Bassaris, Koniaguis, etc... Cependant,  pour l'extérieur, il ne sera plus attribué de bourses aux Peulhs aussi longtemps que ceux restés à l'extérieur n'auront pas rejoint la patrie.

(Applaudissements enthousiastes et prolongés de l'assistance)

Camarades, nous vous remercions de cette approbation enthousiaste et unanime qui traduit «la prise de conscience de notre Peuple face à ceux qui veulent détruire son régime. En effet, nous n'allons pas continuer à multiplier les moyens entre les mains de l'ennemi de la Guinée.

Commentaire #3:

La logique de la culpabilisation collective d’un groupe ethnique amène malencontreusement à la punition collective, officiellement proclamée avec un chantage au retour forcé des étudiants exilés, dans le paradis de « la dignité et de la pauvreté » du PDG.  Des nombreux étudiants étrangers refusant de retourner en Guinée après la répression de 1961, Sékou trouve le moyen d’indexer les étudiants peuls, et décrète un  pogrom intellectuel  et l’exclusion d’une l’ethnie entière.

Extrait #4:

Ce sont ces traîtres qui induisent toujours en erreur les autres Peuples, les Peuples d'Afrique, les Peuples européens, les Peuples américains quand il s'agit d'apprécier la situation guinéenne. Ils font plus de mal à la Guinée que l'impérialisme et le néocolonialisme, parce que se réclamant de la Guinée, ils donnent un semblant d'authenticité à leurs mensonges flagrants. Ce sont des traîtres à leur Patrie, rien d'autre.

Mais disons-nous la vérité. Il faut que la trahison soit extirpée et bannie définitivement du comportement du Peulh. Il faut enfin sauver cette partie de la Guinée, car il s'agit d'un problème de fond. Le mal que font ces traîtres-là est profondSi aujourd'hui, la Guinée ne peut s'entendre ni avec la Côte d'Ivoire, ni avec le Sénégal, la responsabilité principale en incombe vraiment à qui ? A eux seuls, cadres Peulhs ! 1 Mais soyez sûrs que lorsque le Peulh ivoirien, le Peulh sénégalais accèderont à la liberté, ils écraseront et conduiront à leurs tombeaux tous les cadres racistes Peulhs qui habitent Abidjan ou Dakar ! Soyez en sûrs !

Ce sont eux également qui induisent toujours en erreur les gouvernements français, américain, allemand. Tous les gouvernements désireux de traiter avec là Guinée sont intoxiqués par leurs informations mensongères débitées à longueur de journée, à la seule fin de décourager ces pays dans leurs intentions louables vis-à-vis du Peuple guinéen.

Ils sont sans Patrie, ces racistes Peulhs forcenés, parce qu'ils se disent ne pas être des Noirs. Ils sont encore et toujours à la recherche de leur Patrie. Ils ne peuvent pas avoir de Patrie, parce qu'ils n'ont pas une ligne de conduite exigeant l'accomplissement de devoirs sacrés. Aliénés qu'ils sont, ils ne pensent qu'à l'argent, et pour eux. C'est pourquoi, nous devons être d'accord de ne plus accorder de pitié aux traîtres. Plus de pitié pour les racistes, plus de pitié pour les saboteurs !

Commentaire #4 :

Un autre trait de Sékou qui aura refusé de tout temps, de prendre la responsabilité pour son incapacité politique et sa faillite économique. C’était toujours la faute des autres ! Les blancs, les fonctionnaires, les commerçants, la  diaspora  et les peuls en particulier!

De la part d’aucun guinéen, il n’y a plaisir à diffamer son propre pays.  Nul ne choisit avec joie d’être un apatride. Les « anti-guinéens » qui avaient fui l’enfer du PDG se recrutaient dans toutes les ethnies et parmi toutes les couches sociales! Ils ne sont pas des saboteurs. Les vrais saboteurs sont ceux qui après, des décennies de responsabilité, ne surent pas augmenter le standard de vie des populations. Les comploteurs ce sont eux, qui face au fiasco par eux créé, décidèrent de faire porter le chapeau à  des innocents.

Extrait #5:

Ils ne voulaient pas de l'indépendance, ces Peulhs et ils ont humilié notre Peuple avec un vote massif de « OUI ». Au lieu d'en avoir honte, ils veulent encore détruire notre indépendance. Cela ne se fera plus jamais, et s'il faut que toute la Guinée se mette encore debout, couteaux, marteaux et fusils en mains pour les supprimer, les amener au tombeau et les ensevelir, la Guinée assumera ses responsabilités ! C'est la déclaration de guerre ! Ils veulent d'une guerre raciale ? Eh bien nous nous sommes prêts ; quant à nous, nous sommes d'accord, et nous les anéantirons immédiatement, non par une guerre raciale, mais par une guerre révolutionnaire radicale.

Nous disons donc que ces racistes ont présenté les traits de « Cheytane » avec la trahison, le mensonge, la division et puisque le combat est engagé contre « Cheytane », que nous voulons à tout prix enterrer, nous saurons enterrer ce qui reste de racistes au Fouta. Nous sommes déterminés à libérer le Fouta. Nous répétons que si le Fouta na pas été libéré le 28 Septembre 1958, désormais il sera libéré par la Révolution.

Quiconque violera désormais les consignes de l'honnêteté sociale, de la justice sociale en se livrant à des manifestations racistes, vous avez le pouvoir, Camarades militants, de l'égorger sur place et nous en assumons la responsabilité devant le Peuple de Guinée.

Commentaire #5 :

Appel au génocide digne de « Radio Mille Collines ».  La guerre civile que Sékou voulait pour masquer ses carences n’eut pas lieu. Hommage soient rendu aux populations guinéennes. Vilipendés, abêties, affamés et effrayés, nos citoyens savent, même confusément,  l’origine de leur mal. Cela n’a jamais été et ne sera jamais l’autre ethnie, même si des politiciens incapables croient avoir  en l’ethnie un dérivatif commode et un fonds de commerce à vil prix.

Thierno Siradiou BAH

Tag(s) : #Histoire

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