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Le report de la date du second tour de l’élection présidentielle a provoqué une vague d’indignation en Guinée et à l’étranger. L’alliance ‘Cellou Dalein Diallo président’ et la section guinéenne de la Raddho ont vivement dénoncé cette décision. Les Nations unies, la Cedeao et l’Union européenne se disent également préoccupées par le renvoi sine die de cette date et demandent aux autorités d’organiser rapidement le scrutin.

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et le gouvernement du Premier ministre, Jean-Marie Doré, ont perdu le peu de crédit qu’ils avaient auprès des Guinéens et de la communauté internationale.

 

Le concert de protestations qui a suivi l’annonce du report du second tour de l’élection présidentielle de dimanche dernier, traduit le sentiment de profonde déception des électeurs guinéens et des organisations internationales. De nombreuses voix se sont élevées ces derniers jours en Guinée pour condamner, sans équivoque, le retard pris dans l’organisation du second tour de la présidentielle. La section guinéenne de la Rencontre africaine de défense des droits de l’homme (Raddho) se dit ainsi profondément préoccupée par cet énième report du scrutin au moment où tout le monde s’attendait à en finir avec cette longue et interminable transition.

Ce sentiment est largement partagé par une bonne frange de la population qui s’inquiète devant la prolongation de la transition, dont la durée ne devait pas excéder six mois, selon les accords de Ouagadougou du mois de janvier dernier. Cette période est largement dépassée aujourd’hui sans qu’on sache à quel moment elle va se terminer.

Tout se passe comme si les autorités de la transition, à commencer par le Premier ministre dont l’attitude partisane en faveur d’un candidat n’est plus à démontrer, voulaient s’éterniser au pouvoir.

L’alliance ‘les bâtisseurs de la Guinée nouvelle’ qui soutient la candidature de l’ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo, qui affichait jusque-là une attitude réconciliatrice envers la Ceni, semble également perdre patience. Elle demande à la Ceni de fixer rapidement une nouvelle date du second tour de l’élection présidentielle sans être sûr que son appel sera, cette fois-ci, entendu. ‘Notre alliance n’acceptera plus aucune manœuvre visant à empêcher ou à retarder le processus électoral du second tour. Désormais, nous nous opposerons énergiquement à toute tentative visant à retarder le second tour’, a déclaré vendredi dernier, à Conakry, Mamadou Bah Baadiko, le porte-parole de cette coalition qui regroupe près d’une quarantaine de partis politiques.

La Communauté internationale ne cache non plus son exaspération devant les reports incessants du second tour. Ainsi, après l’Union africaine qui menace de sanction ceux qui bloquent le processus électoral en Guinée, c’est au tour des Nations-unies de réagir. Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, met en garde ceux qui tentent de désorganiser la transition. Il enjoint aux autorités de la transition de fixer rapidement une nouvelle date du second tour pour permettre enfin aux Guinéens de choisir librement leur futur président de la République. Le patron de l’Onu ‘met en garde ceux qui pourraient tenter de désorganiser une transition en bon ordre et pacifique qu’ils seront tenus pour responsables par les Guinéens et par la communauté internationale dans son ensemble’, a déclaré son porte-parole, Martin Nesirky, selon Afp. Les Nations-unies disent prendre acte du report de la date du second tour pour quelques semaines supplémentaires, tout en exhortant les autorités de la transition à fixer, dans un délai raisonnable, une nouvelle date pour la tenue du scrutin. ‘Le Secrétaire général prend note de la décision des autorités guinéennes de reporter, pour des raisons techniques, le deuxième tour de l’élection présidentielle. Il demande aux autorités du pays de prendre en compte rapidement les défis techniques et logistiques de façon à créer les conditions nécessaires pour la tenue d’un scrutin transparent et crédible dès que possible’, précise ainsi M. Nesirky.

L’Union européenne qui est l’un des principaux bailleurs de fonds de la Guinée, se dit également préoccupée par la persistance des blocages du processus électoral dans cette ancienne colonie française. ‘L’Union européenne est fortement préoccupée par l’annonce d’un report de la date du 2e tour des élections présidentielles et par les tensions croissantes qui sont liées à l’absence de progrès dans le processus électoral en Guinée’, a déclaré le porte-parole de Catherine Ashton, Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission, selon une source diplomatique. L’UE invite les acteurs politiques guinéens à retrouver ‘le sens de responsabilité historique du compromis et du dialogue qui a permis à la Guinée d’engager avec succès cette année, une transition vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel’, précise-t-on de même source.

Les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) réunis vendredi dernier, à Abuja, au Nigeria, pour se pencher sur la situation politico-militaire en Guinée-Bissau, ont lancé un ultimatum aux autorités de la transition. Ils demandent à celles-ci ‘d’organiser le second tour de l’élection présidentielle dans les trois semaines’ à venir sans donner plus de précision sur ce qu’ils comptent faire si ce délai n’est pas respecté, apprend-on de source diplomatique.

M. Aliou DIALLO/WalFadjri

Tag(s) : #Politique

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