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BAB 2

Chers compatriotes,

 

Le 02 septembre dernier,  j’ai fais publié un mémo du ministère de la sécurité sur les opérations rebelles de 2000-2001 en Guinée. Ces évènements très douloureux qui ont ensanglantés la Guinée méritent une attention très particulière, pour la simple raison que l’instigateur principal de ce crime contre le peuple de Guinée est l’un des deux finalistes des élections présidentielles dans notre pays. Allons-nous laisser un chef rebelle qui à massacré nos populations en Guinée Forestière, une partie de la Haute Guinée et la Basse guinée. Les autorités guinéennes devraient dans les conditions normales ouvrir une enquête sur ce drame pour y voir plus claire et pour les coupables connus et reconnus de tout le monde soient jugés et condamnés.

 

Pour notre part comme promis, nous allons vous livrer les témoignages et autres documentations que nous détenons pour aider à ce que la lumière soit faite. Aujourd’hui, nous vous livrons la lettre du Préfet de Lola en 1998 Mr Alpha Mory condé et un témoignage d’un des coaccusés de Alpha Condé, Mr Bangaly dioubaté alias Langassa.

 

Bonne Lecture,

 

A Monsieur le Ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation

-         Conakry –

Référence n° 489 :Pré:/Lola/98.

Monsieur le Ministre,

J’ai l’honneur de vous rendre compte de l’événement survenu à la frontière de Pinè, sous-préfecture de Gama, dans la préfecture de Lola, dans la nuit du 15 au 16 décembre courant, aux environs de 23» heures.

En effet, Monsieur le Ministre de quoi s’agit-il ? Pour avoir cherché à passer la frontière de manière clandestine Monsieur Alpha Condé, leader du RPG, Antoine Gbokolo Soromou, ancien maire de Lola et le garde de corps du leader du RPG ont perdu la face.

C’est grâce à un sage de Pinè que l’information est parvenue aux autorités militaires qui sont allées effectivement sur le terrain voir ces trois hommes en train de positionner leur appareil de téléphone satellite sans fil… Un gendarme qui était sur le terrain en face d’eux a été intimé par eux de les assister pour rejoindre la première sous-préfecture ivoirienne pour une somme de 1.000.000 FG.

Devant son refus catégorique, c’est Monsieur Antoine Gbokolo qui se jette immédiatement sur lui en essayant de lui retirer son PMAK qu’il avait déjà mis en bandoulière. Le jeune gendarme a reçu un violent coup sur la tête.

Monsieur Alpha Condé ayant constaté la bagarre entre son collègue Antoine Gbokolo et le gendarme, a aussitôt pris la fuite… c’est après l’arrestation de son garde corps et de Antoine Gbokolo, que la patrouille mixte est venue fouiller les bois dans lesquels il était enfui pour enfin le retrouver en train de courir… ne connaissant pas cette piste rurale. Il est tombé... et c'est ainsi que la patrouille a réussi à le maîtriser à 2 heures 20 mn et le conduire vers nous à Lola. Pris de stupeur par son accoutrement, il était habillé de manière méconnaissable et voulait à tout prix rencontrer Monsieur le préfet et il essayait de parler très fort, il a crié même avec l’espoir de pouvoir réveiller la population de l’alentour du camp militaire de Lola. Ce qui aurait fait une grande panique dans la commune qui compte beaucoup de ses militants parmi la population Konia. Je lui ai fait comprendre que le préfet est en mission à N’Nzérékoré où il a d’ailleurs passé la nuit auprès du gouverneur de région.

Je l’ai conduit moi-même au volant de ma voiture jusqu’au camp de N’Nzérékoré.

En réalité dans le parcours il a tenu beaucoup de propos tels :

’Vous ne savez pas ce qui vous attend maintenant, si jamais vous ne me laissez pas rentrer tout de suite en Côte-d’Ivoire… ‘’

‘’…Si c’est pour me conduire en dehors de la ville je préfère me suicider maintenant que de me laisser humilier de cette façon.’’*

Il faut signaler que durant tout le parcours l’honorable député n’a pas cessé de supplier les militaires à bord du véhicule pour sa libération en proposant de les rendre riches pour toujours et qu’il leur revaudra cela un jour.

Au volant de ma voiture, je me suis dirigé directement au camp où nous sommes arrivés à 5 heures 10 mn, de ce matin 16 décembre 1998.

C’est par la suite que j’ai informé Monsieur le gouverneur de région pour que les dispositions quant à son renvoi surtout sur Conakry soit fait sans qu’il ne soit ni insulté et ni maltraité depuis son arrestation à Pinè.

C’est par contre, Monsieur le Ministre, l’honorable député qui a été très violent et amère de langage en traitant de moutons de panurge pendant que ce qu’il nous donnait maintenant comme fortune nous aurait réussi pour très long temps. Si on le laissait traverser.

Il y a ailleurs, il ne s’est jamais aperçu que le chauffeur qui le conduisait sur N’Nzérékoré était le préfet lui-même.

Il y a lieu de signaler que ce passage de l’honorable député Alpha Condé était préparé et facilité par des citoyens de Pinè et par certains hauts gradés des services de sécurité. Ils sont en ce moment tous arrêtés, entendus sur PV et conduits à N’Nzérékoré.

Il reste une femme nommée… tenancière d’un bar qui les a reçus et hébergés pendant quelques heures à Pinè qui reste encore introuvable. J’ai fait prendre des dispositions utiles pour la vigilance accrue et discrète en ville, mais surtout très visible tout le long de nos frontières. Que Dieu sauve notre pays… 

Le Préfet

Alpha Mory Condé »

Témoignage de Mr Bangaly Djoubaté alias

Langassa a affirmé devant témoin qu’il faisait partie du groupe des rebelles qui ont attaqué Nongoa, tué des officiers guinéens, amené d’autres officiers et pris un char avec d’autres amis.

Mr dit avoir aidé au recrutement de rebelles usant de ce fait ses relations privilégiées avec Mr Koroma chef de l’Ulimo.

-         Il dit avoir été contacté par Sékou Kourouma à son domicile à Jokortown, en compagnie de Gnalen Mory, chef de la police libérienne, Gnalen Djiba, chef du protocole à la présidence. Ce premier contact aurait eu lieu en juillet 1998. Sékou était chez Gnalen Mory car il n’avait pas encore de logement. La deuxième rencontre a eu lieu au domicile de Gnalen Mory, cinq jours après. Il y avait de nombreux officiers de l’armée libérienne y compris le ministre de la Défense lui-même, Daniel Chea, général, le colonel Sabody, chef des opérations de l’armée libérienne. Ils ont fait le serment en croquant la cola et en récitant la ‘’Fatiha’’.

C’est ce jour-là qu’il a été informé de l’attaque contre la Guinée, opération appelé KOUE, c’est-à-dire fille vierge ou endroit juteux. Sékou lui a remis 500 US $.

Son arrivée en Guinée : Devant la police  il dit que c’est depuis Monrovia qu’il avait appris l’arrestation de Moussa Donzo alias Dékou qu’il avait personnellement chargé de mission en Guinée pour y alerter les autorités. Cette arrestation l’a inquiété. A son arrivée à N’Nzérékoré il s’est rendu chez Monsieur Cissé.

Langassa s’explique en ces termes : ‘’Je tiens à avouer que le débarquement de munitions à eu lieu en ma présence par Air-Burkina. Ces munitions avaient été accompagnées par le chef d’Etat major burkinabé. Cette situation m’ayant sérieusement effrayé j’ai préféré faire l’apprenti auprès d’un camionneur jusqu’à la plantation d’hévéa de mon père à Gbankan. De là je suis venu à N’Nzérékoré. Je suis allé me présenter chez Monsieur Cissé un de nos co-chefs de l’Ulimo. Je l’ai trouvé en conversation téléphonique avec El-hadj Kromah. Quand il lui a signalé ma présence à ses côtés, il a aussitôt demandé à me parler. Je lui ai ainsi relaté tout ce que je viens de dire. Monsieur Cissé ayant suivi cette conversation est parti tout rapporter au gouverneur de région. Les autorités du gouvernorat ont sollicité que je leur livre tout ce que je connaissais des événements du moment qui se passaient au Liberia.

Je n’ai pas voulu par méfiance et finalement je me suis caché pour venir à Macenta. C’est un jour au niveau de la gare routière près de la poste, j’ai rencontré Samory et peu de temps après Maminata se présenta. Il m’a demandé avec insistance de lui confier ce que je connaissais étant nouvellement arrivé du Liberia. Je lui ai demandé de réciter la ‘’Fatiha’’ pour sa solidarité à ma cause si j’arrivais à être arrêté. Ce que nous avons fait avant d’aller raconter ce que je savais à Madame Manou Cissé’’.

Faut-il rappeler que Mr Djoubaté a été lui-même recruté dans l’armée libérienne en 1990 par Karamoko Doukouré qui le confirmera à la barre de Conakry.

Transmis par :

Bah Alpha Boubacar

Louvain, Belgique

Tag(s) : #Libre opinion

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