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Konate Gl-1

C’est malheureux ce que nous vivons en Guinée mais comment cela pouvait-il en être autrement lorsque le pays manque cruellement d’hommes responsables ? Les forces vives regroupant tous les partis politiques exigeaient le départ sans condition du CNDD. En janvier 2010, Sékouba Konaté, le N°. 2 du groupe militaire putschiste part négocier un accord avec Dadis à Ouaga sans les forces vives en question. Ils l’applaudissent tous et le légitiment au pouvoir !

A nouveau, tous les regards continuent de se braquer sur Jean Marie Doré et la Ceni, comme c’était le cas sous le CNDD. Le vrai détenteur du pouvoir et responsable de l’impasse continue ses manœuvres tranquillement. Aujourd’hui, Dadis est écarté mais les problèmes demeurent, le CNDD ne veut pas qu’on aille aux élections.

On a toujours avancé sans jamais se poser sérieusement la question suivante : « A qui profite toujours les crimes récents enregistrés en Guinée ? »

Depuis 2007, il y a eu des soulèvements sanglants au sein de l’armée guinéenne. Le 23 décembre 2008, le groupe qui a toujours alimenté les mutineries pour déstabiliser la situation politique prend le pouvoir. D’après un article réalisé par Jeune Afrique, par quelqu’un qui semble être proche de Sékouba Konaté, c’est ce président actuel par intérim de la transition qui a été le véritable instigateur du coup d’État du 23 décembre 2008. On comprend dans les témoignages que Sékouba avait laissé le pouvoir au capitaine Moussa Dadis Camara, très populaire au sein de la troupe, par calcul et en prévision de le reprendre lui-même après. Sékouba Konaté commence d’ailleurs à cultiver dans les esprits que Lansana Conté avait prévu que c’est lui qui va lui succéder : « C’est mon neveu, le fils de Doubany, qui va me succéder à la tête de l’État », laisse-t-il entendre aujourd’hui (Lire lien ci-dessous !). 

Conté a toujours fait appel à Sékouba auquel il a toujours fait confiance, comme c’était le cas avec le général Arafan Camara. Mais tous les deux travaillaient au secret avec Alpha Condé et contribuaient à déstabiliser le régime de Conté. C’est ainsi que Conté lui-même a contribué au financement de la conspiration contre lui et ses parents.

Pauvre Dadis, qui s’est fait utiliser !

Dans cet article de JA titré "Sékouba Konaté : l'homme qui n'aimait pas le pouvoir.", on peut lire dans un passage: "Sa prévision s’est réalisée". Par le titre, on comprend bien que la mauvaise foi de Sékouba est comprise. Ce n’est plus l’homme qui n’aime pas le pouvoir mais l’homme qui n’aimait pas le pouvoir. Ça toujours été ainsi dans notre pays.

A bien analyser la situation, tout a été préparé en Guinée: les mutineries de 2007 et 2008, le coup d’Etat, les massacres de 2009 et l’internement de Dadis au Burkina.

Tout a servi à mettre Sékouba au pouvoir. Que pour chaque crime commis dans ce cadre, se trouve Sékouba Konaté loin des lieux n’a alerté personne. Pourtant, c’est toujours lui qui en bénéficie. Paradoxal non ?

Dadis a quitté. Les manœuvres ethniques prennent une ampleur encore plus dramatique et l’acteur principal de tous les faux problèmes du pays depuis les mutineries de 2008 se fait finalement découvrir au monde entier en encourageant les notables mandingues à faire publiquement pression et à défier le reste du pays. On a mis la TV et la radio à leur disposition pour médiatiser l’affaire pour choquer et inciter les autres à se révolter et suivre l’exemple ethnique malinké. Cela aurait justifié le maintien de l’armée, donc lui Sékouba au pouvoir avec la bénédiction du perdant Alpha Condé et la communauté internationale. Malheureusement pour eux, la Guinée est restée sage ! Alors on commence à tout brûler !

Jusqu’à où ira Sékouba Konaté ?

- Après l’Union Mandingue, Sékouba a donné des instructions aux malinkés de la CENI de tout faire pour écarter Mme Hadja Aminata Mame Camara de la présidence de l’institution.

- L’Union Mandingue avait tout fait pour que Kouyaté rejoigne Alpha Condé sans succès. On apprend aujourd’hui que c’est Sékouba qui aurait personnellement fait pression pour que Kouyaté se rallie à Alpha Condé, ainsi que la plupart des leaders de la Haute Guinée dans le but soit d’obtenir la bénédiction de garder le pouvoir à cause des tensions ethniques qui vont en résulter soit d’avoir la facilité de transmettre le pouvoir à son "parent".

- Pour le premier tour, Ben Sékou Sylla lui avait demandé, lors de son passage à Paris, quelques semaines supplémentaires pour mieux organiser l’élection. Sékouba a dit NIET ! Au début, il était chaud pour le respect du chronogramme mais depuis qu’il a su que son parent malinké ne peut pas gagner l’élection, il fait tout pour pourrir la situation et empêcher la tenue du second tour. Seul le CNT a un véritable pouvoir sur le gouvernement et la CENI mais Hadja Rabiatou Diallo qui est la deuxième personnalité du pays ne semble malheureusement pas être à la hauteur de sa mission.

- Sékouba a miné et divisé le gouvernement, il a miné et divisé la CENI, il cherche à gagner du temps pour miner et diviser toute la Guinée ! Des Malinkés sont entrain de recevoir des consignes ethniques à tous les niveaux dans le pays. A Gbessia-port par exemple des Malinkés qui obéissent à des consignes ne prient plus à la Mosquée parce que l’imam Soussou est accusé d’être proche de Sidya.

Que croient ces gens en Guinée ? La Guinée leur appartient à eux seuls ? Ce qu’ils sont entrain de faire en Guinée, aucun peuple ne fait des choses pareilles dans le monde moderne d’aujourd’hui. Il faut qu’ils arrêtent maintenant ! On a atteint le point où il faut vraiment s’arrêter, sinon ce sera trop tard et ils n’en seront certainement pas gagnants.

Sékouba Konaté est un arbitre qui reçoit ses instructions du capitaine d’une des équipes en compétition.

Dadis avait sanctionné le ministre forestier Frédéric Kolié pour avoir tenu un discours officiel en langue forestière. Depuis l’arrivée de Sékouba à la présidence, l’Union Mandingue a le droit de passer à la TV et à la radio pour faire leur chantage et leur campagne de la destruction de l’unité nationale, c’est Alpha Condé qui dicte la conduite au gouvernement et à la CENI Après avoir fait arrêter le dissident du RPG Sékou Souapé Kourouma (qui fût relâché sous la pression vu qu’il n’a aucune charge contre lui, Alpha a fait condamner les responsables de la CENI. Depuis 5 jours, Sékou Souapé Kourouma est enlevé et personne ni même sa femme ne sait où et dans quel état peut-il se trouver, apprend on aujourd’hui.

Comment est-ce qu’un candidat peut-il imposer la modification des règles et même du personnel à l’institution qui a la charge d’organiser l’élection en plein processus électoral ? Du jamais vu !

Comment se fait-il que le candidat adverse observe une résignation devant ce fait ? « Depuis le premier tour où il n’a obtenu que 18%, le professeur Alpha Condé fait tout pour retarder le second tour pour se réorganiser. Malheureusement, il est entrain de le réussir ! », déclare son adversaire Cellou Dalein Diallo.

Cellou Dalein commence à faire douter beaucoup aujourd’hui, de sa capacité de diriger un Etat alors qu’il est incapable de faire tête à un adversaire qui ne vaut même pas sa moitié. Il sera mieux conseillé à se mettre enfin débout s’il croit mériter le soutien de la majorité en Guinée. Certes, le leader de l’UFDG cherche à éviter l’escalade et joue à l’apaisement. Mais ce qui risque de brûler le pays, c’est bien ce qu’il est en train d’accepter.

Du report à report, on commence à mettre du feu dans les casernes. Pourquoi ni l’Alliance des bâtisseurs ni le CNT ne demandent-ils pas une force de protection neutre avant qu’il ne soit trop tard ?

 

Lamine Soumah

Tag(s) : #Libre opinion

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