Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

 

Cellou-ChR-2.jpg

Actuellement en tournée dans la région forestière, le candidat Cellou Dalein Diallo a promis de ne pas livrer à la justice internationale, l’ancien chef de la junte, Capitaine Moussa Dadis Camara. Optimiste quand à sa victoire le 19 septembre face à son adversaire Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo veut conforter son avantage grâce aux suffrages de la Guinée forestière...

Guinéenews©: Pourquoi avoir choisi la Guinée Forestière en générale et N’Zérékoré en particulier pour lancer votre compagne électorale en vue du scrutin présidentiel prévu le 19 Septembre 2010 ? 

Cellou Dalein DIALLO :
 La Guinée forestière fait partie des zones dans lesquelles je dois nécessairement avoir un suffrage correct pendant le 2ème tour pour remporter haut les mains l’élection présidentielle. Il y a aussi des questions de commodité. En effet, lorsque j’ai des tâches à faire, je commence par les plus difficiles voire les plus éloignées. N’Zérékoré étant la préfecture la plus éloignée, alors j’ai choisi de commencer par la région de la Guinée forestière et terminer par la Basse Guinée. 

Quel est votre message à l’endroit des populations des circonscriptions de la Forêt que vous comptez visiter ? 

Ecoutez ! Nous avons un projet de société, nous avons une ambition pour la Guinée. Par ce que nous souhaitons qu’elle soit unie. C’est pourquoi notre slogan est « Une Guinée Unie et Prospère ». Et d’ailleurs c’est plus qu’un slogan, c’est un objectif.

Naturellement la Forêt a des problèmes spécifiques auxquels nous allons faire face. Il y a l’enclavement et il y a des potentialités qui sont inexploitées. En désenclavant la Forêt, nous allons réaliser des infrastructures routières. La Région de la Guinée Forestière est un grenier considérable pour toute la Guinée, notre patrimoine commun. Son huile de palme par exemple est consommée dans tout le pays et même au-delà de nos frontières à savoir, entre autres, le Mali et le Sénégal. 

Et lorsque vous voulez développer l’économie de la Guinée, vous cherchez d’abord là où il y a des avantages comparatifs, des potentialités, alors investissez donc dans ces lieux. Aussi, je pense que la Forêt a grandement besoin d’investissements notamment dans les infrastructures de transport et dans la modernisation de l’agriculture. 
Le Gouvernement que j’aurai l’honneur de diriger va, naturellement, s’atteler à désenclaver les zones de production dans l’intérêt de la Guinée et des populations du pays. 

Dans le discours que vous avez tenu hier (NDLR : Dimanche 05 Septembre 2010) vous avez dit de passage que les gouvernements précédents de la Guinée ont manqué de vision. Quelle est la vision que vous avez pour la Guinée ? 

Bien entendu, il faut maîtriser un certain nombre de paramètres pour être efficace dans la gestion. Je n’accuse pas les gouvernements précédents de mauvaise foi, mais il y a eu manque de vision, c’est-à-dire de maîtrise du contexte international pour pouvoir tirer profit de l’aide publique au développement, des assistances techniques et aussi financières enfin des pays riches. Mais, il faut d’abord à l’interne définir de bonnes politiques.

Aujourd’hui de quoi s’agit-il ? Nos compatriotes travaillent car les Guinéens ne sont pas paresseux mais ils ne sont pas aidés. Le rendement est trop faible pour leur permettre de vivre décemment. Prenez par exemple un agriculteur de la région ici qui n’est pas aidé, vous le voyez couper du bois, cultiver son petit périmètre, planter de la patate et du manioc mais il ne peut pas, avec les revenus qu’il tire, subvenir à l’ensemble des besoins de sa famille. 

Dans les autres pays comme la Côte d’Ivoire, ceux qui travaillent dans l’agriculture trouvent l’essentiel. Avec leurs revenus, ils assurent l’éducation de leurs enfants à l’extérieur, s’habillent décemment, se nourrissent correctement et éduquent leurs enfants. Nous allons mettre des mécanismes de micro- crédit, mettre aussi un système de gestion efficace pour indiquer ce qu’il faut faire, à quel moment il faut cultiver en donnant des engrais appropriés et des semences qu’il faut utiliser pour accroître le rendement et la productivité des populations. 

Aujourd’hui l’aide publique de la communauté internationale au développement dépend de la bonne gouvernance de chaque pays dont le notre. En effet, il faut être efficace dans la gestion des affaires publiques. Ainsi, l’on peut obtenir l’aide extérieure. Donc, notre combat est lié aux préoccupations des populations guinéennes en générale et celles de la Forêt en particulier. 

Selon Moussa Solano, Président du PUP qui est l’un de vos alliés a dit cours de votre meeting qu’ « avec Cellou Dalein DIALLO c’est le changement dans la continuité ». Un concept qui nous rappelle l’ère feu Général Lansana CONTE. Quelle explication donnez-vous aujourd’hui ce même concept ? 

Non, Il n’y a pas de continuité dans la mauvaise gestion déplorée dans le passé. Le Premier ministre Sidya Touré et moi avons travaillé ensemble. A chaque fois que nous avons voulu faire des reformes, il y a eu des gens qui s’y opposaient. Nombreux parmi eux sont actuellement derrière Alpha CONDE. Les gens issus de la mouvance du Président feu Conté sont tous derrière mon concurrent. Ce sont les mêmes personnes qui s’opposaient aux reformes permettant de sortir la Guinée de la misère. 

Or, nous voulons le changement. Si nous avons parlé de changement dans la continuité c’est pour maintenir l’unité nationale. Par rapport à ça, nous avons des démarches volontaristes pour rassembler tout le monde. 

Le problème, c’est le leadership. En effet, si vous avez à la tête de l’Etat un leader, les populations sont prêtes à se soumettre car elles sont patriotes. Mais elles ne sont plus naïves. Nos concitoyens regarderont le Chef et le gouvernement ; si ce qu’ils disent diffère de ce qu’ils vivent alors, comme par le passé, ils ne leur accorderont pas la confiance. Et nous espérons que nous allons mériter cette confiance car nous allons mettre tout en œuvre pour la satisfaction des besoins du peuple de Guinée sans exclusion aucune. Enfin, nous devons maintenir la cohésion et l’unité nationale. 

Parlez-nous à présent de vos récentes relations avec le capitaine Moussa Dadis CAMARA …

En ce qui concerne mes relations avec le Président Dadis CAMARA, elles sont amicales. 

Si vous êtes élu au lendemain du scrutin présidentiel du 19 septembre prochain, est- ce que vous comptez traduire Dadis à la Cour Pénale Internationale – CPI – ?

Si le Capitaine Moussa Dadis CAMARA veut rentrer en Guinée, il n’y a aucun problème. Il est libre de rentrer quand il veut. Il est un citoyen guinéen qui jouit de tous ses droits et libertés. Il est dit qu’il est en convalescence à Ouaga ,et c’est ce que je considère. 

Il est vrai que j’ai été l’une des grandes victimes des événements du 28 Septembre 2009 mais je ne peux pas en tant que président élu traduire un de mes compatriotes (dont Dadis ) à la CPI. Ce n’est ni dans mes intentions ni ma vocation. Lorsqu’on est Président de la République, on doit assumer les responsabilités. Donc, on ne peut pas faire appel à l’étranger de venir régler nos problèmes. Je ne le ferai pas, je ne traduirai pas un citoyen guinéen quelconque et quels que soient les fautes ou les crimes qu’il aurait commis à la Justice internationale. 

Quel est votre appel aux populations de la Région ? 

Je remercie toutes les populations. C’est naturel qu’elles soient accueillantes. La Région Forestière est réputée, certes pour ses richesses et aussi de son hospitalité. J’invite l’ensemble des électeurs à voter en faveur du candidat de l’UFDG (Union des Forces Démocratiques de Guinée) et des parties alliés le 19 Septembre 2010. Surtout à veiller à la sécurisation des suffrages.

Emmanuel Toumany
Source:Guineenews

 

Tag(s) : #Interview

Partager cet article

Repost 0