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Le suspense était total mardi en Guinée sur le maintien du second tour de la présidentielle à la date de dimanche, après la mort du président de la commission électorale dans un hôpital à Paris et des violences entre partisans des candidats, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé.

Même si on le savait malade, la mort à 57 ans de Ben Sékou Sylla, président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), a surpris à Conakry où cet homme était respecté pour son rôle joué dans le combat contre le régime autoritaire de Lansana Conté, décédé en décembre 2008.

 

"Mon mari est décédé ce matin, ici à Paris, à l'hôpital Saint-Louis", a annoncé son épouse, Mme Sylla Siré Keïta. Il avait été hospitalisé en mars dans la capitale française, était rentré à Conakry avant le premier tour de la présidentielle du 27 juin, pour repartir à nouveau en France juste après.

Ancien président de la Coordination nationale des organisations de la société civile, M. Sylla avait été un des leaders du mouvement populaire de début 2007 contre le régime de Lansana Conté réprimé dans le sang (près de 200 morts).

La gestion par la CENI du premier tour qui avait donné lieu à des irrégularités, avait été vivement critiquée, en particulier par le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) d'Alpha Condé qui avait parlé de "fraude gigantesque".

 

Le RPG avait déposé plainte contre M. Sylla et l'un de ses adjoints, tous deux condamnés la semaine dernière par contumace à un an de prison ferme par un tribunal de la banlieue de Conakry pour "fraude électorale".

Ce jugement a été suivi de violences, samedi et dimanche dans la banlieue de Conakry, entre partisans de MM. Diallo et Condé. Bilan, un mort et 50 blessés, suspension de la campagne électorale et interdiction des manifestations de rue.

Aucune décision quant au maintien du second tour à la suite de ces violences n'a été prise lors de rencontres séparées, lundi, du Premier ministre du régime de transition Jean-Marie Doré avec les deux candidats et la CENI, provisoirement dirigée par Hadja Aminata Mame Camara.

Jean-Marie Doré a exhorté MM. Condé et Diallo à calmer les esprits de leurs partisans. Il a également demandé aux dirigeants de la Céni, dont la légitimité est toujours contesté par Alpha Condé, de revenir le voir mercredi pour lui présenter l'état d'avancement des travaux d'organisation du second tour.

C'est sans doute après cette nouvelle rencontre que devrait être annoncé le maintien du scrutin à la date prévue ou son report.

 

Quelle que soit la décision, elle mécontentera l'un des deux camps: Cellou Dalein Diallo, favori avec ses 43,69% de voix au premier tour souhaite que le vote ait bien lieu dimanche, Alpha Condé (18,25%) verrait au contraire d'un très bon œil un report.

 

Son parti a d'ailleurs posé des conditions à sa participation: affichage des listes électorales et installation de nouveaux bureaux de vote dans des régions où de nombreux électeurs n'avaient pu voter au premier tour, les bureaux étant trop éloignés de leurs villages.

Depuis les violences du week-end et la suspension de la campagne électorale, aucun incident n'a été signalé à Conakry. Les habitants de la capitale guinéenne délabrée vaquent à leurs occupations, passant indifférents sous les immenses panneaux électoraux vantant les mérites des deux candidats.

Comme si de rien n'était, la télévision publique guinéenne maintient le logo de la présidentielle avec compte à rebours à l'écran: mardi, c'était J-5.

AFP

 

Commentaire

 

 

Situation rêvée pour tous les saboteurs du processus démocratique. Décès de Ben Sékou Sylla et problème de son remplacement, vu que son intérimaire est bruyamment récusée par le vrai PM, Alpha Condé dont les désirs sont des ordres dans la galaxie CNDD liée aux "sages du Mandé".


A cela il faudrait ajouter les échauffourées récentes initiées par et pour le RPG, avec mort d'homme, la  volonté maintes fois exprimée du PM de pacotille Jean-Marie Doré  de bloquer le processus électoral, l' absence remarquée et stratégique du "Président de la transition" le très mobile ( quand cela l'arrange) Général Sékouba Konaté dans le débat politique actuel, qui perd son temps et nous fait perdre le nôtre à demander une démission sélective du seul ministre qui cherche à travailler convenablement et honnêtement dans le gouvernement Doré.


Il s'agit en fait d'une politique délibérée de pourrissement de la situation intérieure conduisant à un grippage généralisé de toutes les institutions, point de départ d'une prolongation infinie de la "Transition", qui devient ainsi une institution pérenne. 


Tag(s) : #Actualité

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