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Alpha-C-RPG-3

PREMIER DOSSIER : Arrestation d’Alpha Condé á Piné.

L’arrestation de Alpha Condé à Piné en 1998 a déjà fait l’objet de toutes sortes de supputations et d’explications, et cela, aussi bien chez ses détracteurs qu’au niveau de ses supporters. Au fait, il est opportun de signifier ici que nous sommes des ceux qui étaient convaincus que le procès que le gouvernement de l’époque l’avait fait subir, n’était en réalité qu’un grotesque montage politico-juridique, faisant du verdict prononcé, un moyen sournois d’écarter un adversaire politique.   

Cependant, la dernière campagne électorale a, de nouveau, ravivé le débat sur cette épisode. Surprenant que cela paraisse, l’intéressé et ses supporteurs ne manquent pas de multiplier des déclarations défensives sur le sujet, déclarations qui ont plus l’air de couvrir que le désir d’éclairer le public. Ainsi, au regard des propos non-concordants qu’on entend, cette offensive médiatique d’explications soulève plus de questions que ne projette de la crédibilité rassurante. La lecture donnerait une conclusion personnelle. Je vous en convie!!

Trois versions du même fait ont été apportées en ce qui concerne l’arrestation du Leader du RPG en Décembre 1998, á Piné, localité sise à quelques minutes de la frontière Ivoirienne. 

1ère Version :

‘Alpha Condé – Face au Public’, Mai 2010 

Alpha Condé : « Vous savez, on ne s’écoute pas.  Nous nous sommes mis d’accord…   C’est dommage !  Je le dis puisque je l’ai dit devant Siradiou, au vivant de Bah Mamadou.  Nous nous sommes dits, le gouvernement va proclamer les résultats.  Cette fois nous allons empêcher la proclamation des résultats.  Nous allons occuper la rue avant pour renverser le pouvoir.  Nous avons discuté.  Moi j’étais le seul qui avait un téléphone satellitaire.  On ne peut pas organiser l’opposition á l’intérieur.  J’ai envoyé mes militants et mes femmes en Haute Guinée et en Foret.  Je devais me replier à Beyla pour pouvoir communiquer librement avec, pour expliquer pourquoi nous faisons ca avec chose. 

Mais quand on m’a arrêté a Piné, j’avais toutes mes affaires á Lola.  J’avais des francs CFA, j’avais des dollars, j’avais des Euros.  Voila quelqu’un qui veut fuir pour aller en Cote d’Ivoire et qui laisse tout son argent a Lola, c’est-a dire a plusieurs kilomètres de Piné.  Mais c’est…  Et on a dit que j’avais des troupes á … comment s’appelle la petite ville là ?  Euh Ivoirienne là ? Euh, où il n’y a qu’un petit hôtel, où il n’y a que six (6) chambres… Comment ca s’appelle encore ?  J’ai oublié le nom. 

Donc vous voyez !  Donc, Euh, et puis, traverser la frontière, c’est pas un délit.  C’est une contravention.  Si vous traversez vous avez la contravention.  Si vous ne traversez pas, vous n’avez pas la contravention.  Donc si on vous arrête avant de traverser la frontière, vous n’avez pas commis de contravention.  C’est clair.  Ce n’est pas un délit, c’est une contravention mais elle n’est pas consommée.  Lorsque vous venez aux feux rouges, vous voulez traverser, vous vous arrêtés ; le policier vous regarde, si vous ne traversez pas, il ne peut pas vous donner de contravention !  Parce que vous n’avez pas traversé. 

Mais, je vous dis encore chez nous, nous avons la paraisse.  Nous ne nous comportons pas entant qu’intellectuel.  C'est-à-dire un intellectuel, c’est quelqu’un qui réfléchi et qui analyse.  Vous confondez délit, crime et contravention.  Mais, quelqu’un qui veut traverser la frontière qui a beaucoup de devises, qui laisse derrière les devises et part les mains nues.  Mais enfin, vous savez… »

Yamoussa Sidibé : Mais c’est Alpha qu’on a arrêté.  Pas un autre !

Alpha Condé : Mais, Conté ne m’a pas arrêté.  Je suis désolé. 

Yamoussa Sidibé : Non.  Je n’ai pas dit Conté.  J’ai dis…

Alpha Condé : « Conté a dit il faut le mettre en résidence surveillée chez lui.  C’est les ministres qui ont dit : ‘’On a des preuves pour l’arrêter’’.  Voila la réalité.  Moi je ne mens sur personne, même mon adversaire.  Et il a dit a Ousmane, le commandant, tu as sa garde.  Ils vont le tuer et me mettre sur le dos.  Donc, ce qu’il va manger, c’est ce que tu vas manger.  Rendons à César ce qui a César.  Et à Dieu ce qui est à Dieu. »

 

2ème Version :

Makalé Traoré – Directrice de Campagne de Alpha Condé répondant aux questions de Fodé Oussou Fofana – Directeur de Campagne de Cellou Dalein Diallo, le 22 Juillet 2010, sur Familia FM.

 « En ce qui concerne Piné, la vraie histoire est la suivante : c’est que Alpha et Siradiou Diallo, paix a son âme, et le doyen Bah Mamadou qui est un des pères de la démocratie dans ce pays, se sont entendus pour que, lui qui avait un téléphone satellitaire puisse être a la frontière où ça marchait pour donner des informations sur les manifestations qui se passaient là.  Il avait toutes ses affaires à Beyla.  Quelqu’un qui veut fuir, partir, ne peut pas laisser toutes ses affaires.  Mais c'est-à-dire encore une fois, on fait d’une petite chose une très grande en Guinée.  Les rumeurs sont tellement fortes !  Et a l’époque, il était bon, il était bien, vraiment d’extrapoler.  Moi, vraiment ce que je salue, c’est que le professeur Alpha Condé est aujourd’hui en vie, sain et sauf.  Et que, entant qu’opposant historique, aujourd’hui, il est au Second Tour.  Et j’espère que les guinéens vont lui accorder leurs suffrages. »

3ème Version :

Alpha Condé, dans son livre « Un Africain engagé », (pages 68-70.  Jean Picollec Éditeur, 2010 – Imprimé en Espagne), affirme :

 « Je suis arrivé á Conakry le 1er décembre.  La surprise du gouvernement était totale.  Son inquiétude ne l’était pas moins devant le déploiement des militants du RPG, devant la démonstration de force qu’ils ont faite à l’aéroport de Conakry Gbessia et tout au long du parcours jusqu'à mon domicile en passant par le stade de Kenien.

J’ai aussitôt appris que le président Conté avait fait mettre l’armée en alerte !  Il aurait été informé par un Allemand que j’avais positionné au large quarante zodiacs remplis de mercenaires prêts à attaquer Conakry.  Le commandant de la garde présidentielle déclara en public qu’il était exclu qu’un étranger, en l’occurrence moi, prenne le pouvoir en Guinée. 

Le 4 décembre, je suis parti avec Nantou Cherif, une des responsables du RPG, pour la Haute-Guinée et la Foret.  Nos chemins se sont séparés à Faranah.  Je suis allé à Bagna saluer les familles de camarades emprisonnés quelques jours plus tôt. 

Par la suite, en entamant ma tournée en province, j’ai su qu’un commissaire de Conakry s’était porté volontaire pour m’assassiner et faire passer son forfait pour un acte isolé.  Marcel Cross, un des leaders de l’opposition, qui m’accompagna pendant ma tournée, fut arrêté sous le prétexte qu’on avait trouvé un fusil à son domicile.  Enfin, l’antigang attaqua les maisons de certains de mes partisans.  Nous étions en plein délire.

Je me suis alors concerté avec ma garde rapprochée qui m’a dit ceci : « Les militants prendront mal ton éventuelle arrestation á Conakry, cela pourrait tourner a un affrontement sanglant.  Ne prends pas le risque d’être arrêté ici et retire-toi a l’intérieur.  Puisque tu as une valise satellitaire, tu pourras rester en liaison téléphonique avec le bureau politique. »

J’ai donc quitté Conakry pour éviter un bain de sang ».

-          C’est dans ces circonstances que vous êtes arrêtés dans la nuit du 15 au 16 décembre.  Les résultats du scrutin présidentiel ne sont pas encore connus…

« Je n’ai pas été arrêté mais enlevé et ensuite, séquestré.  Contrairement á ce que le gouvernement racontait, je n’ai pas été interpellé à un kilomètre de la frontière entre la Guinée et la Cote d’Ivoire, mais a proximité d’un marché de la nuit, a Piné, un village situé à une trentaine de kilomètres de Lola.  Nous sommes arrivés, mon garde du corps Ben Karamoko Kourouma, l’ex-maire de Lola Antoine Soromou, et le député Facinet Béavogui dans la voiture de ce dernier.  Nous nous sommes garés sur la place du marché, au vu et au su de tout le monde : des « tabliers », des vendeurs ambulants, un video-club…  Á Pine, en plus de la police, de la douane, il y’a un poste de commandement militaire.  Avouez que pour des gens qui auraient voulu traverser « clandestinement » la frontière, c’est plutôt étonnant !

Mon garde du corps Ben était tranquillement assis, et prenait un café.  Je l’ai laissé seul quelques instants pour un besoin pressant.  En revenant, ma torche, dont la pile était faible, s’est éteinte, et je n’arrivais plus à retrouver mon chemin.  J’ai donc frappé aux portes de quelques habitations et c’est ainsi que j’ai croisé un soldat.  Il a aussitôt hurlé : « C’est l’un des trois ».  Et m’a cogné avec son fusil.  Ma torche est tombée.  Il a crié : « Il a laissé tomber sa Kalachnikov. »  Un autre soldat m’est tombé dessus et on m’a conduit au poste.  J’avais le nez cassé, le corps endolori, la jambe droite couverte d’hématomes. 

Au poste, j’ai trouvé Antoine Soromou et Ben Karamoko.  Des gendarmes sont venus, ont jeté Ben dans le coffre arrière d’une voiture et nous sommes partis pour Lola.  En chemin, ils nous ont dit : « C’est un malentendu, vous allez être libérés. »  Á Lola, le chef de la gendarmerie a en effet demandé, le temps qu’il informe le préfet de cette erreur, de nous conduire au camp militaire.  C’est là que tout a basculé.

Dés notre arrivée, le commandant du camp s’est écrié : « Ce sont des envahisseurs.  Ils sont venus pour détruire la Guinée.  Encerclez-les et engagez les balles. »  La scène était si comique que j’ai éclaté de rire.  Il m’a ordonné d’enlever mes chaussures et j’ai alors foncé sur lui, lui disant de donner l’ordre de tirer.  Il s’est calmé.  Mais il a éconduit les gendarmes venus nous chercher pour nous libérer, affirmant qu’il s’agissait d’une affaire militaire.  Rien que ca !

Après des palabres et diverses péripéties – un voyage en 4x4 jusqu'à l’aéroport de Kissidougou – un vol sur Antonov pour Conakry – un hélicoptère nous a débarqués au camp de Koundara où on nous a abandonnés á même le sol dans un gymnase. »

 

A la lecture de ce qui précède, il parait plutôt étrange que Mr. Alpha Condé semble associer Mr Bah Mamadou et Mr Siradiou Diallo à sa défense dans cette histoire, d’autant plus que les témoins de l’époque n’ont jamais ‘murmuré’ la probabilité d’un accord quelconque entre ces trois leaders, concernant ce sujet. Lorsque trois politiciens des partis différents en compétions pour le pouvoir s’allient, c’est un sujet de commérage qui n’aurait pas échappé, ne fût qu’à «radio trottoir», tout au moins. Par ailleurs, il va de soi que la raison de se munir d’un téléphone satellitaire opérationnel, est le choix  qu’il offre de pouvoir communiquer librement en tout lieu. D’où, pour justifier valablement  la présence du Mr. Alpha Condé à Pine, il faudrait en chercher ailleurs les vraies raisons. Dans un cas de nature plutôt urgente, pourquoi n’avoir pas choisi une frontière, s’il en fallait une, qui fût plus proche de Conakry où il aurait pu voter. 

A examiner de près  toutes ces péripéties, on finit par se demander quel est le rôle des différents éléments de l’entourage de Mr Alpha Condé, notamment, sa garde rapprochée, ses conseillers et la direction du RPG, dans la prise de décisions concernant ses déplacements.   D’où la question, pourquoi autant de versions contradictoires sur un fait qu’on chercherait  éperdument à élucider?

La Rédaction de www.LeVraiAlpha.com

Email : info@levraialpha.com

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