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Champ de riz

Lettre ouverte au  Gouvernement Guinéen, au  CNT,  au  CES avec ampliation au groupe de contact, a Human Right Watch et  Amnesty International

Le scrutin qui vient de s’achever représentera

 un pas décisif dans la mise en place longue et ardue d’institutions démocratiques dans notre pays si on veut bien tirer les leçons  qui s’imposent. Sinon il risque de devenir comme un de ces événements hautement célébrés de notre histoire dont on regrette les lendemains.

La fracture de la cohésion nationale qui a été exacerbée durant la campagne électorale doit être à tout prix évitée avec des mesures pratiques qui doivent aller au-delà des vœux pieux de fraternité. La sécurisation et la protection des populations minoritaires dans toutes les localités du pays  où elles vivent doit être une priorité.  Ces élections  doivent être une opportunité pour apporter une solution heureuse et définitive  aux incidents communautaires survenus ces derniers temps dans le pays, notamment  en Haute Guinée. Il convient d’empêcher les bandes organisées et minoritaires agissant avec le tacite assentiment de politiciens d’allumer une guerre dans le pays. Les actes commis étant des crimes, il  y a lieu d’agir avec vigueur et fermeté. Des mesures pratiques parmi celles suggérées ci-dessous peuvent non seulement  sanctionner mais aussi mettre fin  à ces mini-pogroms qui, si ils ne sont pas maitrisées, mèneront le pays vers des affrontements plus sanglants.

Sans nier le fait que chaque candidat a des fiefs qui lui sont favorables, il faut contrer la tentation d’inciter par des appels voilés à l’affrontement ethnique. Dans cette optique, la CENI devrait simplement annuler les  votes dans toutes les localités où des minorités ethniques ont été victimes d’exactions  de quelques natures que ce soit : intimidations, brutalité, destruction et spoliation de biens, déplacement forcé etc.  

 

Le gouvernement devrait relever de leurs fonctions tous les fonctionnaires qui feraient preuve de complicité passive ou active quand les régions dont  ils sont responsables sont le théâtre d’exactions contre tout groupe ethnique.  Des consignes particulières doivent être données aux  gouverneurs, préfets, Secrétaires généraux, Maires, Chefs de Quartiers ou Chefs religieux, Commissaires de Police et Commandants de Gendarmerie. Tout laxisme ferait du gouvernement en exercice complice de ces crimes.

 

La CNT doit faire voter des lois en plus de celles qui existent pour la protection spécifique des communautés minoritaires partout où elles se trouvent sous la responsabilité de toutes les autorités. Les autorités de la transition ne doivent pas perdre l’occasion  pour envoyer des messages forts à tous les partis politiques et à leurs militants sur le fait que nul ne gagne à utiliser des querelles intercommunautaires pour prétendre au pouvoir.

Le fait que durant le dernier tour ces faits ont été circonscrits dans les préfectures de Siguiri et  de Kouroussa devrait être un avertissement pour ne pas briser l’unité nationale et arrêter  l’élan de ceux qui crient vengeance.

Tierno O. Bah

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