[..]Nicolas Hénin affirme dans un témoignage publié samedi par le site de son employeur, le magazine Le Point, que Mehdi Nemmouche a été l'un de ses geôliers pendant sa détention.
« Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait. Il était membre d'un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines. Chaque soir, les coups commençaient à pleuvoir dans la salle dans laquelle j'avais moi-même été interrogé. La torture durait toute la nuit, jusqu'à la prière de l'aube. Aux hurlements des prisonniers répondaient parfois des glapissements en français. »
Le Point souligne que « cette information devait rester secrète pour ne pas mettre en danger la vingtaine d'otages occidentaux encore détenus en Syrie par l'Etat islamique », notamment « à la demande de Nicolas Hénin, Pierre Torrès, Didier François et Edouard Elias, les quatre journalistes français libérés en avril », mais avoir décidé de rendre public le témoignage de son journaliste après la publication des informations du Monde.
Marie-Laure Ingouf, avocate de Nicolas Hénin, a confirmé que « Nemmouche était un des geôliers » de son client. « Tous les otages le confirment. Ils ont vécu avec lui pendant plusieurs mois », a-t-elle dit. Le tueur présumé du Musée juif de Bruxelles s'est « occupé » du journaliste entre juillet et décembre 2013, ajoute Le Point.
Le ministre de l'intérieur, sans préciser ni la teneur des renseignements transmis à la justice française ni le moment où ils l'avaient été, a indiqué que ces informations avaient été transmises « dès que nous les avons eues ». « C'est à la justice de faire son travail. Ce funeste personnage doit être jugé, il le sera, » a dit M. Cazeneuve en marge d'un déplacement à Montpellier[..].
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