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Il faut rappeler que le premier nom de l'hôpital Ignace Deen a été hôpital Ballay, du nom d'un médecin militaire français devenu gouverneur de la Guinée après son détachement administratif de la colonie du Sénégal. 

Déjà le premier nom est prémonitoire: Ballay mourra de la fièvre jaune, une des fièvres hémorragiques qui frappent encore dans notre pays. Elle est due au virus amaril, sa différence tient à la prophylaxie vaccinale constamment efficace dans cette affection. C'est aussi une zoonose (maladie des animaux), présente en savane et en forêt. Son vecteur est un moustique, Aedes Egypti.Son tableau clinique, surtout à la Période rouge ou phase rouge congestive avec hémorragies, épistaxis (saignements du nez), gingivorragies (saignement de gencives) ressemble très fortement à celui d'Ebola.

Voici l'histoire de quelques hôpitaux légués par la colonisation:

[..]Dès le premier domaine colonial, sont créés, au Canada et à Saint Domingue, les premiers hôpitaux du Roi. Ces établissements sont "concédés" à un ordre religieux qui les dirige et assure leur gestion tandis que la partie technique est dévolue à des médecins, chirurgiens et apothicaires brevetés par le roi.

Dans les territoires comme la Guyane et le Sénégal, ayant appartenu aussi à la deuxième vague de la colonisation française, on trouve, encore de nos jours, des établissements pluricentenaires.

Ainsi, la ville de Cayenne, fondée en 1612, compte, en 1698, un "hangar recouvert de feuilles de palmiers, pompeusement appelé l’hôpital" (A. Henry). Détruit par un incendie, un bâtiment en dur le remplace en 1727. Il est confié aux religieuses de Saint Paul de Chartres. Un hôpital de 180 lits est construit en 1777 qui, en 1950, prend le nom de Jean Martial*. Il dresse encore son fronton sur la place des Palmistes.

Un hôpital militaire existe à Saint Louis du Sénégal en 1786. Il sera reconstruit en 1827 et fonctionne encore aujourd'hui. Confié d'abord aux médecins de marine, puis au Corps de santé colonial, il est transféré au Sénégal en 1960 et du personnel militaire français y servira pendant encore trente ans.

L’implantation des hôpitaux dans l’empire colonial français est rapide. En 1900, on dénombre 30 hôpitaux centraux et secondaires, 80 "ambulances" soit 6000 lits ouverts. Les deux hôpitaux les plus anciens ont été fondés par la Marine, à Saigon en 1873 et à Dakar en 1890.

Ces hôpitaux présentent en général une structure pavillonnaire. Ils sont installés dans la verdure; les jardins tropicaux qui les entourent leur donnent un cachet particulièrement agréable. Les constructions récentes sont plus ramassées, tendant vers le monobloc, à l’architecture moins engageante et au fonctionnement plus aléatoire, tributaire des ascenseurs et de la climatisation, coûteux en énergie et en maintenance. A proximité de ces hôpitaux, fonctionnent habituellement une école d’infirmiers et une école de sages-femmes.

Au moment des indépendances, le Corps de santé colonial fait fonctionner 41 hôpitaux

L’empire français, étendu sur les cinq continents, nécessite la présence toujours plus nombreuse de fonctionnaires civils dans les structures administratives et de militaires responsables de la sécurité.

La création d’hôpitaux performants s’avère d’autant plus nécessaire qu’à cette époque, les rapatriements par bateau pour cause de maladie grave sont longs et, dans la plupart des cas, ne sont même pas envisagés. Il est même institué sur place des centres de repos dans les régions plus fraîches et moins débilitantes (Ethiopie, Fouta-Djalon en Guinée, Dalat en Annam).

A côté de cette population d’origine métropolitaine, les populations autochtones sont de plus en plus nombreuses au fur et à mesure de l’extension de l’empire et de leur démographie ascendante. Il n’existe pour elles, à cette époque, ni structures hospitalières ni maternités publiques.

Le moment est donc venu, à la fin du XIX° siècle, de construire et structurer des hôpitaux dans les colonies. Le personnel médical est fourni par le Corps de santé colonial, récemment créé. Des auxiliaires autochtones sont formés. L’ère pasteurienne est le prélude de grandes découvertes qui révolutionnent la médecine sous les tropiques. Les hôpitaux coloniaux travaillent en lien étroit avec les instituts Pasteur où s’effectue une recherche de pointe dans ce domaine.

En quelques décennies, dans les grandes villes, ces hôpitaux coloniaux n’ont rien à envier à certains hôpitaux de métropole.

En Afrique noire

Dakar : hôpital Principal et hôpital Le Dantec*
Saint Louis : Hôpital colonial
Bamako : hôpital du Point G
Abidjan : Hôpital central et hôpital de Treicheville
Grand Bassam : Hôpital colonial
Conakry : hôpital Ballay*, médecin devenu gouverneur, mort de fièvre jaune.
Douala : hôpital La Quintinie et hôpital général
Brazzaville : Hôpital général
Pointe Noire : hôpital Sicé*
Djibouti : hôpital Peltier* et hôpital Bouffard*

Source : http://www.asnom.org/oh/fr/0740_hopitaux_coloniaux.php?PHPSESSID=1e255178add28ed09613a91b6018892c

 

Compilation: Thierno A DIALLO

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Tag(s) : #Histoire
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