Gbagbo se considère toujours comme le président légitime de la Côte d'Ivoire. A défaut de se faire adouber par ses pairs africains et du monde, il utilise la force militaire pour se cramponner au pouvoir.
Mais le vent tourne. Ses "ambassadeurs" sont priés un peu partout de plier bagages. En guise de représailles, l'homme têtu d'Abidjan, dictateur confirmé et "boulanger à ses heures perdues essaie de faire illusion en maniant ce qui lui reste de moyen de rétorsion.
S'attaquer au monde extérieur qui ne le reconnait plus ne l'avancera à rien.
Mais les vieilles ficelles, comme s'en prendre à la France, se faire passer pour un super-patriote luttant contre "les puissances étrangères qui veulent nous dire ce qu'il faut faire chez nous" trouvent encore un certain écho chez des soixante-huitards attardés, chez des jeunes en mal de repères et font encore recette chez certains révolutionnaires de la dernière heure.
La décision de Laurent Gbagbo de mettre fin à l’accréditation de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire a beau être considérée comme «nulle et de nul effet », par le gouvernement d’Alassane Ouattara, rival du chef d’Etat ivoirien sortant, autant que par Paris, elle risque de créer quelques désagréments aux voyageurs français.
Vendredi, des Français arrivés à l’aéroport d’Abidjan avec un « visa Coulibaly » — du nom du nouvel ambassadeur ivoirien en France favorable à Ouattara et reconnu par Paris — ont été refoulés à l’aéroport par des policiers qui les attendaient. Ce qui confirme que les visas Coulibaly ne seront pas acceptés par les douaniers restés fidèles à Gbagbo et que les Français ne pourront plus voyager en Côte d’Ivoire, sauf ceux qui disposent d’un visa de l’administration du président sortant. Quant à l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, prié de repartir en France par le gouvernement Gbagbo, il dispose d’un « délai raisonnable»pour faire ses valises. Les choses pourraient s’accélérer car la France a donné samedi trois jours à Kipré, l’ambassadeur pro-Gbagbo à Paris, pour quitter la résidence et céder la place à AliCoulibaly, celui de Ouattara.
Philippe DUVAL/LeParisien.fr
Décidemment, notre continent restera celui des présidents à vie décrochés seulement par la fureur populaire avec son cortège de destructions, celui de la risée du monde moderne. Par la faute de dictateurs aux petits pieds comme Laurent Gbagbo. L'exemple tunisien ne sera jamais compris par nos "leaders charismatiques", jusqu'au jour où ils sont chassés du pouvoir comme des malpropres.
Thierno A DIALLO