L’activisme de Paris l’a finalement emporté.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, après plusieurs jours de tractations menées par la diplomatie française, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une déclaration sur la Côte d’Ivoire jusque-là bloquée par Moscou.
Pour reconnaître en des termes savamment pesés la victoire d’Alassane Ouattara, exhorter Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir et condamner « dans les termes les plus forts possible tout effort de renverser la volonté du peuple ».
Le texte brandit en outre la menace de « mesures ciblées contre les personnes qui essayent de menacer le processus de paix ou de faire obstruction au travail » de la mission onusienne en Côte d’Ivoire. Objectif : renforcer la pression et isoler davantage Laurent Gbagbo sur la scène internationale.
C’est ce qu’a explicité hier sur les ondes de France Inter Michèle Alliot-Marie, qui était ministre de la Défense lorsque des soldats français ont tiré sur de jeunes manifestants le 9 novembre 2004 devant l’hôtel Ivoire d’Abidjan. « Il y a un certain nombre de procédures internationales qui seraient mises en œuvre si la transition ne se passait pas », a mis en garde la ministre des Affaires étrangères, en louant, sans rire, le passé de « grande démocratie » de la Côte d’Ivoire. On ne sait si elle pensait au régime de Félix Houphouët-Boigny... Mais Jacques Chirac n’affirmait-il pas, en 1990 : « Il y a des régimes à parti unique où la démocratie est parfaitement respectée, je pense à la Côte d’Ivoire » ?
À rebours de cette traditionnelle ingérence de l’ex-puissance coloniale, le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent, appelait mercredi à privilégier la voie d’une « négociation politique », seule valable « si l’on veut sortir de cette crise ».
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