[..]Le président de l’OGDH dresse un bilan en matière des droits humains des premiers pas du régime Alpha. Pas reluisant…
L’indépendant : Depuis l’avènement de la troisième république est-ce que vous n’avez pas enregistré des violations des droits de l’homme dans le pays ?
Docteur Thierno Madjou Sow : Il y a beaucoup de violations des droits de l’homme. On peut dire que c’est quelque chose de continu. Vous savez le changement, ça ne se fait pas en un jour. C’est un processus très difficile surtout en Guinée. Parce que tous les secteurs ont été dégradés. On peut dire que dans chaque secteur, c’est le délibérément aussi bien physique ou moral. Les habitudes ont été prises depuis la première république et ce sont les mêmes hommes qui sont encore là et qui agissent. Ceux qui dirigent, ce sont les mêmes jusqu’à présent. On peut dire qu’il n’y a pas eu d’abord de changement, les arrestations arbitraires continuent jusqu’à présent et les mauvais traitements continuent encore - que ce soit parmi les civils ou parmi les militaires - donc ce n’est pas quelque chose qui va changer brusquement. Nous aurions aimé d’ailleurs que le chef de l’Etat fasse une déclaration disant qu’avec le changement, les procédures anciennes doivent changer. S’il faut que maintenant qu’on tienne compte des normes reconnues pour l’arrestation, pour la détention des hommes et surtout les traitements quand ils sont arrêtés ; ou bien que le ministre de la Justice ou le ministre de la Sécurité fasse cette déclaration et mettre les gens en garde. Que ceux qui ont commis des crimes ou des délits dans ce domaine soient sanctionnés et que ce soit porté devant l’opinion nationale et même internationale, cela est nécessaire.[..]
Tiré d'un Interview par Boubacar B. DIALLO