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La future procureure générale de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a séjourné en Guinée, le temps pour elle de s’enquérir de l’état d’avancement dans l’instruction du dossier des massacres du 28 septembre 2009.

 Trois ans après le drame, les trois juges, ainsi que les trois greffiers commis à cette tâche, n’affichent guère de résultats probants : une seule inculpation à leur tableau de chasse. Plus de 150 personnes tuées et des femmes violées lors de l’assaut donné par les hommes du capitaine Dadis Camara pour disperser un meeting de l’opposition politique d’alors composée, entre autres, de militants de Cellou Dalein Diallo et de Alpha Condé, aujourd’hui président de la République de Guinée.

En tant que co-organisateur du meeting, on s’attendait à tout de ce dernier, sauf à une attitude aussi distante du dossier. De son piédestal de président de la République, Alpha Condé aurait pu incarner la soif de justice et de vérité sur ces massacres.

 On s’attendait à ce qu’une fois au pouvoir, les démocrates qui ont balayé le régime de Dadis Camara fassent de ce dossier leur cheval de bataille. Apparemment, ce n’est pas une priorité, vu la lenteur avec laquelle le dossier est administré. C’est comme si des gens avaient intérêt à ce que cette affaire traîne et soit rangée dans les oubliettes de l’histoire. Une vraie chimère. C’est oublier l’onde de choc qu’ont soulevée les massacres du 28 septembre dans la conscience de l’opinion publique internationale au point où la CPI avait voulu se saisir directement du dossier.

 A tort ou à raison, l’on a cru que le nouveau pouvoir issu des premières élections démocratiques dans ce pays, allait mettre un point d’honneur à boucler et à juger cette affaire. Le constat est là. Le dossier est plombé. Il est certes complexe, mais il doit aboutir, en faisant jaillir la vérité et surtout en faisant payer auteurs et commanditaires.

 La visite de Fatou Bensouda, future procureure de la CPI, sonne comme une piqûre de rappel aux fins d’inviter le pouvoir en place à faciliter le travail d’investigation des juges. Il s’agit de mobiliser les moyens et surtout de créer un cadre serein qui permette aux victimes de témoigner sans crainte de représailles. Pour les nombreuses femmes victimes de viol, en ce jour maudit du 28 septembre 2009, ces conditions sont nécessaires. Le dossier, manifestement, a du mal à avancer. C’est l’occasion pour la future procureure de la CPI de se faire une réelle idée de la capacité des juges guinéens à conduire sereinement ce dossier. Ce serait la honte pour le pouvoir de Condé, si la CPI venait à retirer le dossier. On n’en est pas encore là. Mais pour l’image de cette démocratie naissante, le procès des massacres du 28 septembre 2009 devrait être un défi à relever au nom de la lutte contre l’impunité.

Abdoulaye TAO --- Le Pays

http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?breve9966

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Tag(s) : #Droit
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