La République de Guinée, par l’élection réussie du 7 Novembre 2010 sanctionnée par des
résultats acceptés, vient de franchir une étape décisive de son retour à l’ordre
constitutionnel.
C’est le fruit d’un combat au prix de lourds sacrifices humains et matériels, mené par le
peuple tout entier à travers le mouvement social et la classe politique guinéenne pour un
changement profond dans la gouvernance démocratique et politique de notre pays.
Pour mémoire, le Mouvement Social Guinéen (Inter-centrale Syndicale, CNOSCG, CPEG)
dans ces étapes difficiles et décisives a:
-Conduit les grèves de décembre 2005, juin 2006, et mené les mouvements de
protestation de janvier et février 2007 ;
-Contribué à la naissance, à la structuration et au fonctionnement du Forum des Forces
Vives qui a consacré l’union du Mouvement Social et de la classe politique pour le
combat en vue de l’instauration de la démocratie en Guinée.
Aujourd’hui, le Mouvement Social Guinéen constate avec satisfaction l’installation du
premier Président démocratiquement élu du pays et suit avec intérêt ses premières actions
entamées par la formation du gouvernement.
A l’heure des premiers pas de ce gouvernement, il apparait pour le Mouvement Social
Guinéen, que :
-Aucun acte concret visant à ressouder le tissu social fortement ébranlé par les récentes
joutes politiques n’a été observé à ce jour ;
-Aucune déclaration forte ou engagement n’ont été entendus montrant un souci de
mener rapidement le processus électoral à son achèvement: élections législatives,
communales, communautaires et locales ;
-Le discours d’orientation du gouvernement déclinant les actions de mise en oeuvre du
programme du candidat élu se fait attendre ;
-Aucune action vigoureuse en adéquation avec la situation économique catastrophique
n’a été annoncée à ce jour, notamment face à la dégradation vertigineuse de la
monnaie, la flambée des prix, la faiblesse du pouvoir d’achat ;
-Les multiples troubles sociaux constatés à l’intérieur du pays notamment à Boké, Fria et
Beyla montrent une fragilité de la situation sociale;
-La persistance et la prolifération des barrages routiers accentuent les tracasseries, les
brutalités et les abus ;
L’absence de ces mesures de nature à mobiliser les citoyens dans l’objectif du changement
profond attendu, constitue une inquiétude quant aux priorités définies face à l’état de
délabrement avancé du pays.
A cet effet, le Mouvement Social Guinéen propose aux nouvelles autorités :
-La mise en place immédiate d’un programme inclusif de réconciliation nationale, basé
sur la création de la « Commission Vérité, Justice et Réconciliation » annoncée par le
chef de l’Etat, impliquant les acteurs majeurs de la nation ;
-La restructuration profonde de la CENI ;
-La publication rapide d’un chronogramme précis sur le parachèvement des échéances
électorales (législatives, communales, communautaires, locales) ;
-La gestion des troubles sociaux basée sur la volonté de rompre avec les brutalités
passées des forces de l’ordre ;
-La suppression immédiate des barrages routiers sur toute l’étendue du territoire
national ;
-La conduite résolue du processus de réforme profonde des Forces de Défense et de
Sécurité, avec une poursuite dynamique du casernement des militaires.
Pour mener à bien ces actions, avec l’adhésion de l’ensemble des populations, le
Mouvement Social Guinéen recommande :
-Une action constante de préservation de la paix, de la cohésion et de l’unité nationale.
-La refondation de l’Etat par une application scrupuleuse des dispositions de la
constitution relatives à la nomination des hauts cadres de l’administration centrale et
territoriale ;
-L’organisation transparente, dans les délais prescrits par la constitution des élections
législatives, communales, communautaires et locales.
Le Mouvement Social Guinéen, comme force de propositions, a élaboré un « cahier de
propositions citoyennes » à l’attention de Monsieur le Président de la République.
Les acteurs du Mouvement Social Guinéen attachent du prix à la prise en compte de ces
propositions dont la mise en oeuvre permettra de donner l’espoir aux citoyens et d’instaurer
la confiance entre l’Etat et les populations en vue d’engager un développement durable
dans la cohésion et la paix.
ENSEMBLE MOBILISONS NOUS POUR LE CHANGEMENT DANS LA PAIX ;
Kindia le 23 Janvier 2011